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Friday the 13th - The Final chapter. 1984.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Joseph Zito
Avec : Kimberley Beck, Corey Feldman, Peter Barton, Ted White...


Pour ce quatrième épisode d'une saga plus que rentable, il semblerait que les intentions des producteurs de l'époque étaient de clore là les aventures de Jason Voorhees et de débuter un nouveau cycle avec une sorte de disciple.
En digne successeur de sa maman, le petit Jason avait pris l'habitude de se faire battre par une jeune femme. Dans ce quatrième épisode, il reproduit le schéma maternel tout en y incluant une petite touche personnelle: c'est finalement un gamin fou de maquillages qui a l'insigne honneur de mettre un terme, définitif, à ses agissements. Un gamin qui finit traumatisé et, à en croire le regard caméra sur lequel se clôt le film, sera tout disposé à reprendre le flambeau.

Mais j'ai un peu mis la charrue avant les boeufs. Le film débute là où le précédent épisode s'était conclu, à savoir la petite maison au bord de Crystal Lake. Sauf que Joseph Zito et ses scénaristes se sont un peu emmêlés les pinceaux puisque leur film débute de nuit alors que le précédent se terminait de jour. Passons.
Notre croquemitaine est donc emmené à l'hôpital. Sur place, un couple d'internes s'apprête à faire l'amour au côté de son cadavre, ce qui a pour conséquence de le ranimer. Tout émoustillé, il tue l'infortuné couple et reprend le chemin de son "home sweet home".
Il est amusant de noter qu'entre les massacres de Vendredi 13-part 2 jusqu'à ce Vendredi 13-part 4, il ne s'est passé que quelques jours. C'est dire la promptitude de la police du coin à s'alarmer. Du coup, six jeunes gens ignorant le danger qui les guette prennent possession de la maison qu'ils ont loué dans le coin et qui jouxte celle de la famille Jarvis. Famille qui vit là depuis des années et qui n'a apparemment pas eu vent des meurtres perpétrés dans les environs. Si bien que leur porte reste constamment déverrouillée.
Nous avons donc six jeunes gens en goguette, auxquels s'ajoutent des jumelles peu farouches, la famille Jarvis composée de la mère, Trish, la fille aînée et Tommy, le petit dernier, ainsi qu'un mystérieux campeur. Maintenant que les personnages nous sont présentés, place à l'artiste, place à Jason!
Et c'est donc parti pour un massacre à la chaîne. Toutefois, au bout du quatrième épisode (le troisième en ce qui le concerne), on dénote un certain respect pour ses victimes. La plupart du temps, il les laisse faire l'amour une dernière fois avant de les refroidir. Pas qu'il se rince l'oeil, non. C'est seulement qu'il préfère avoir face à lui des victimes passablement essoufflées plutôt qu'en pleine forme et aptes à lui donner du fil à retordre. Ce qui est malheureusement toujours le cas de la dernière survivante. Normal, me direz-vous, puisqu'il s'agit toujours de celle qui ne batifole pas. Et là, mine de rien, nous venons de mettre à mal une croyance populaire qui rendait cet état de fait tributaire d'une basse morale alors qu'il ne répondait qu'à des questions de souffle et de bonne condition physique.
Dans cet épisode, les meurtres ne sont pas particulièrement méchants, si l'on excepte ce pauvre bougre qui se fait empaler par les couilles. Toutefois, Joseph Zito innove en nous montrant un meurtre en ombre chinoise (plutôt pas mal) et un autre, hors champ (carrément nul, d'autant qu'on ne verra même pas le cadavre!). Mais le clou du spectacle, c'est lorsque notre brave tueur est confronté à l'incroyable perspicacité de l'une de ses victimes. Celle-ci, étant tombée entre ses mains aura ces mots très justes: "Il va me tuer!!!"

Pour clore une saga, cet épisode ne fait pas très sérieux. La vraisemblance n'est pas son fort et on sent bien les scénaristes davantage préoccupés à élaborer des scènes de meurtres un tant soit peu originales plutôt qu'une trame et des personnages un peu plus consistants. Certes, la valeur d'un Vendredi 13 repose plus sur les prouesses de Jason que sur un semblant d'intrigue qui se limite d'ailleurs à sa plus simple expression, mais un peu plus de rigueur aurait été la bienvenue. C'est comme si les maîtres d'oeuvre, persuadés de rentrer dans leurs frais, ne faisaient plus aucun effort pour proposer aux spectateurs autre chose que ce qui leur avait été proposé par le passé et qu'ils avaient plébiscité.
Côté casting, la production n'a pas fait de folie. Et puis, à quoi bon risquer d'éclipser son tueur vedette en embauchant une tête d'affiche ? Pour les curieux, on retrouve Crispin Glover, futur papa de Marty McFly, qui démontre ici qu'il a bien fait de ne pas devenir danseur et, surtout, Corey Feldman, qui à cette époque pouvait rêver d'une carrière en or avec des participations à Gremlins, Stand by me ou encore Les Goonies. Ce début de carrière prometteur accouchera finalement d'une souris puisque l'acteur en sera réduit, vingt ans plus tard, à errer devant les caméras d'une émission de télé-réalité.

Etant donné que les sanglantes aventures de Jason devaient se conclure su cet épisode, un petit bilan s'impose. En quelque sorte, Jason Voorhees a pris la place laissée vacante par Michael Myers. Lorsque Jason décide de venger sa mère, son collègue de Haddonfield tire sa révérence au bout de seulement deux films. Jason devient donc l'unique croquemitaine du cinéma d'horreur du début des années 80. Il s'acquitte de sa tâche avec l'application d'un bon artisan mais dépourvu de la moindre petite étincelle de génie. Et, comme le Chapitre final l'atteste, il fait preuve de trop de suffisance. Totalement aliéné par son travail, il tue sans génie ni passion. Il est seul sur le marché et ne bénéficie donc pas d'une saine émulation. Petit clin d'oeil amusant de l'histoire, c'est l'année où Jason tire sa révérence à son tour qu'apparaît un nouveau croquemitaine, pour le coup nettement plus inventif, Freddy Krueger. Ce dernier a le champ libre pour s'imposer et il ne va pas s'en priver.
Jason ne pouvait pas rester sur cette fausse note et, par conscience professionnelle, il nous reviendra après un épisode sabbatique. Sauf que le paysage horrifique n'est alors plus le même. Freddy casse la baraque au sein d'aventures oniriques et originales et bénéficie d'un atout maître: la parole. Il peut se permettre des clins d'oeil appuyés aux spectateurs là où Jason ne peut s'exprimer que par ses actes. Un léger handicap qui n'empêchera pourtant pas le gardien de Crystal Lake de continuer son travail de sape, sans se remettre en question, l'entêtement étant son meilleur atout.

Bénédict Arellano

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