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Kyuketsuki hanta D. 1985.
Origine : Japon
Genre : Fantastique
Réalisation : Toyoo Ashida
Avec les voix de Kaneto Shiozawa, Michie Tomizawa, Seizō Katō, Keiko Toda...


« Cette histoire se déroule dans un lointain futur, dans un monde de ténèbres où grouillent mutants et démons »... Et vampires, aurait pu préciser cette petite introduction, prélude à une scène d’action mouvementée mettant aux prises la jeune Doris à quelques créatures effrayantes, dont un loup-garou, avant une rencontre avec un Noble plurimillénaire, le comte Magnus Lee, aux canines pointues et au goût prononcé pour les jeunes filles fraiches à la jupette virevoltante (car dans cet anime, comme sur les meilleurs courts de tennis, il semblerait que ce vêtement très court soit plus destiné à attirer le regard sur ce qu’il cache assez peu qu’à masquer quoi que ce soit...).
Résultat : deux petits trous dans le cou et la promesse d’une union prochaine avec cet aristocrate âgé de 10000 ans, perspective assez peu réjouissante, on en conviendra aisément. Doris embauche alors D, un chasseur de vampires, dont elle réalise assez vite la véritable condition : c’est un dhampire, ou dunpeal en anglais, un être issu d’un père vampire et d’une mère humaine, un croisement qui le place entre deux mondes, celui des hommes et celui des suceurs de sang. Son choix a été fait il y a longtemps et il a pris le parti des mortels, devenant chasseurs d’immortels, pourtant ses demi-frères, leur répétant parfois cette phrase du Divin ancêtre : « Le destin des visiteurs éphémères est de rejoindre les ténèbres », ce qui aura le don, à chaque fois, de les énerver...
Pour récupérer son bien, le comte enverra quelques uns de ses sbires pour tuer le dhampire avant, évidemment, de se retrouver face à face avec lui pour un combat final mettant en jeu rien moins que le passé et l’avenir du monde...



Tiré des œuvres d’Hideyuki Kikuchi, le monde de D est passionnant par la faune qu’il renferme et les confrontations qu’il présente. D est lui-même un personnage assez surprenant, mince, très pâle, engoncé dans un vêtement noir et ample et armé d’un sabre tranchant et de dents qu’il répugne à sortir, héritage de son ascendance. Celle-ci est d’ailleurs assez floue, dans un premier temps, puis se précise sur la fin, expliquant par là la puissance et la force de ce dhampire hors du commun qui semble résister à tout, se remettre de tous les coups reçus.
Illustrateur renommé, qui allait bientôt travailler sur le jeu vidéo Final Fantasy, Yoshitaka Amano fait office de character design, chargé d’imaginer et de dessiner la plupart des personnages. Si les humains en général sont très classiques et ressemblent à tous leurs congénères issus de la japanimation des années 80 (grands yeux et petites bouches, le plus souvent), les monstres croisés au fil du périple de D constituent un bestiaire réjouissant et bigarré, dont on regrettera d’ailleurs parfois qu’il ne soit pas plus exploité. Mention spéciale, notamment, à la main de D, munie d’une paire d’yeux, d’un nez et surtout d’une bouche aspirant les maléfices...
L’animation, de son côté, est assez moyenne, la démarche des personnages étant souvent un peu trop raide, saccadée et les décors pas toujours très fignolés. 15 ans plus tard, l’autre adaptation de D, Vampire Hunter D : Bloodlust de Yoshiaki Kawajiri, placera la barre beaucoup plus haut et offrira au Dhampire le monde qu’il mérite, avec une animation soignée, des cadres somptueux et une musique à la hauteur.

Quoi qu’il en soit, cet anime de Toyoo Ashida reste tout à fait visible, assez bien rythmé, présentant des Nobles dominateurs et sans pitié, offrant des combats sanglants et réussis, et même, pour les amateurs, une petite touche d’érotisme avec deux ou trois scènes déshabillées... Vieillissant moins bien qu’un vampire, ce long-métrage accuse néanmoins ses presque trente ans mais reste un spectacle à voir pour l’ambigüité de son héros, son cousinage avec les samouraïs lorsqu’il utilise son sabre, sa parenté avec les cowboys de western spaghetti lorsqu’il arrive à cheval, silhouette sombre se détachant sur un paysage morne. Un film à voir aussi pour sa capacité à mixer des univers assez éloignés : ceux du vampire occidental (références à Dracula, nom du comte emprunté à celui de Christopher Lee, croix du Christ omniprésentes) et ceux du manga japonais (les personnages, leurs actions et leur façon de bouger). Enfin, ce personnage à la double ascendance vécue comme une malédiction ou un destin à assumer contient aussi, en germe, toutes les caractéristiques de celle qui brillera plus tard dans Blood, the last vampire, au statut encore plus flou...



Bigbonn

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