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Тот самый Мюнхгаузен. 1979.
Origine : U.R.S.S.
Genre : Comédie / Conte philosophique
Réalisation : Mark Zakharov
Avec : Oleg Yankovsky, Inna Churikova, Yelena Koreneva, Igor Kvasha...


Première partie : Hanovre 1770, le baron de Munchausen, original excentrique et poète, veut épouser sa jeune compagne Martha. Hélas pour lui il est déjà marié et son épouse, qui l’a quitté il y a de nombreuses années pour vivre avec son amant, refuse le divorce pour que leur grand fils de 18 ans (au baron et à elle) reste l’unique héritier des Munchausen. Le baron ayant obtenu du duc souverain de Hanovre une licence de divorce, son épouse légitime va tenter de le faire passer pour fou...

Seconde partie : Hanovre 1773, 3 ans après son suicide, le baron de Munchausen est passé d’objet de moquerie à gloire littéraire et joyaux du tourisme local. Une statue de lui va être inaugurée sur la grand place le 32 mai, jour qu’il inventa 3 ans plus tôt pour compenser les secondes en trop de la révolution terrestre non comptabilisées dans les années bissextiles. Mais le Baron, lassé de l’exploitation post mortem dont il est l’objet, et de la vie ordinaire qu’il mène depuis sa « mort », décide de ressusciter...



Réalisé pour la télévision en deux parties d’un peu plus d’une heure en 1979 par Mark Zakharov, sur un scénario et des dialogues du dramaturge Grigori Gorin, ce film a très rapidement acquis un statut d’œuvre culte en Russie, statut qu’il conserve encore aujourd’hui (il suffit de lire les commentaire sur IMDB pour s’en convaincre).
Cette excellente réputation, bien qu’un peu excessive, est méritée : scénario malin, dialogue brillantissime (parfois trop), c’est le genre d’œuvre ou l’on ressort de sa vision en ayant l’impression d’être plus intelligent (impression fausse hélas).
Le film se démarque nettement des autres adaptations des aventures du Baron de Munchausen, dans la mesure où il n’est pas une adaptation des aventures du Baron de Munchausen, mais plutôt la vie d'un poète rêveur confronté à la réalité étriquée de ses contemporains (enfin à la réalité, car la moitié des autres personnage est aussi pas mal azimutée). Soit la thématique de la quasi-totalité des films de Gilliam, mais si on devait rapprocher ce Tot samyy Myunkhgauzen d’un film du réalisateur américain ce serait plutôt The Fisher King sauf qu’ici le traitement (scénaristique) est beaucoup plus fin au moins du point de vue de l'humour (d'un absurde très "grand slave").

Le scénario (en fait une adaptation de sa pièce de 1974 sur Munchausen) et les dialogues de Grigori Gorin font de cette œuvre une sorte de croisement entre Nicolas Gogol et Oscar Wilde. Véritable usine à aphorismes (ce qui constitue aussi une de ses limites), les dialogues sont devenu proverbiaux en URSS puis en Russie, un peu comme en France (quoique dans un tout autre genre) les dialogues de Audiard. Mais l’humour très fin du film ne repose pas que sur des aphorismes mais aussi et surtout sur la logique absurde des situations et des caractères.
A cela il faut ajouter l’interprétation très inspirée des acteurs (tous des pointures du cinéma et du théâtre soviétique), en particulier de Oleg Yankovsky dans le rôle d’un Baron beaucoup plus jeune que la plupart de ses autres avatars cinématographiques.
Malgré tout il faut reconnaître que cela reste esthétiquement un téléfilm, avec les moyens correspondant, et que les scènes de foules avec une trentaine de figurants font un peu peine. Un téléfilm à l’aspect parfois de captation de pièce de théâtre par son coté excessivement verbeux.
Certes le réalisateur Mark Zakharov ne s’en sort pas trop mal, aidé par les costumes d’époques très réussis et par la beauté des décors réels de la vielle ville baroque de Wernigerode (Saxe Anhalt, à l’époque en RDA). Alors ne boudons pas le plaisir apporté par la vision de ce Tot samyy Myunkhgauzen et gageons que vous ne verrez pas la fin sans ressentir une pointe d’émotion, le rire étant, dit on, la politesse du désespoir.



Sigtuna

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