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Thicker than Water. 2000.
Origine : Etats-Unis
Genre : Documentaire sur le surf
Réalisation : Jack Johnson, Chris & Emmett Malloy
Avec : Raimana Boucher, Saxon Boucher, Timmy Curran, Shane Dorian


Pour les plus renseignés, Jack Johnson est aujourd’hui connu comme étant un excellent auteur/compositeur/chanteur/musicien. C’est vrai. Je suis personnellement grand amateur de sa musique, et je crois même avoir tous ses albums. D’ailleurs, pour le découvrir, rien de mieux que d’aller écouter quelques extraits, ici et là (il y a pas mal de vidéos de lui sur Youtube ou autres sites spécialisés, tels que Deezer), sinon y’a son myspace : http://www.myspace.com/jackjohnsonmusic.
Arrêtons-là la publicité pour cet artiste exceptionnel. Et quand je dis exceptionnel, c’est que le bonhomme n’est pas qu’un simple musicien.
Passionné par le surf, il devient rapidement une des figures montantes de la discipline, à tel point que le géant Quicksilver lui offre un contrat alors même qu’il n’est pas encore pro. Faut dire qu’à 17 ans, le bonhomme se permet d’être le plus jeune finaliste du Pipe Master, la plus difficile et dangereuse compétition au monde, ayant lieu à Hawaï. Deux semaines plus tard, sur ces mêmes vagues, il se blesse (il se fracasse le crâne contre le récif). Il remet alors en question son avenir dans le surf et s’envole pour l’université de Californie où il apprend le cinéma. Parallèlement à cela, il commence à écrire des chansons.
C’est en 2000 que sort le documentaire Thicker than water qu’il réalise avec les frères Malloy. Connaissant bien le monde du surf, les bonshommes suivent la vie mouvementée de surfeurs qui parcourent le monde entier à la recherche des plus belles vagues.
Ainsi, le tournage a lieu en Australie, en France, à Hawaï, en Indonésie, en Irlande, en Inde, à Tahiti, et un bref passage à New York.



Il faut avouer que ce documentaire est assez particulier. Très peu de blabla, tout tourne autour des images magnifiques que les cinéastes ont réussi à ramener. Attendez-vous alors à voir 45 minutes d’hommes surfant vagues sur vagues dans des endroits assez insolites. Pourtant, malgré cela, on se sent proches de ces athlètes. Quelques images au plus proche d’eux, sur des bateaux, sur la plage, ou même dans l’atelier de Kelly Slater où l’on découvre qu’il fabrique lui-même ses guitares.
Ce qui ressort de la vision de ce documentaire, c’est qu’au-delà des images, tournées en 16 mm, qu’au-delà des 18 mois passés avec quelques-uns des plus grands surfeurs de la planète, on se sent très proches de ces hommes simples qui ne vivent que pour une chose, l’eau et le surf. Bien sûr, si le surf ne vous parle pas, si vous vous foutez éperdument de ce sport, passez votre chemin, vous vous emmerderez. Néanmoins, si vous êtes curieux, ou déjà passionnés, vous vous laisserez sûrement bercer par les musiques qui accompagnent ce film, ce petit bijou réalisé par des passionnés qui ont réussi à ne pas réaliser qu’un film de surf, mais un film sur des surfeurs. Bien sûr, le dépaysement est total, et évidemment les surfeurs sont tout bonnement exceptionnels, mais il y a une certaine retenue dans la mise en scène, une sorte de modestie, une hésitation à aller trop loin dans le quotidien de ces hommes. Les cinéastes restent comme un peu à l’écart, laissant venir les hommes, ces dieux des océans qui n’ont qu’un but dans la vie, et c’est déjà tellement d’en avoir un, que de surfer et surfer encore.

D’un point de vue personnel, j’envie ces hommes. Ils vivent de leur passion, tels des épicuriens. La recherche du plaisir est évidente, mais c’est le bonheur qu’ils en tirent qui est fabuleux. Au-delà de cela, il y a aussi le défi de surmonter chaque vague, d’aller parfois au cœur du danger, de nager dans des eaux infestées de requins, de surfer au milieu des rochers et des récifs. Il y a un rapport à la mort et au surpassement de soi-même des plus extraordinaires.

Peut-être faut-il avoir été de ceux qui se sont enfermés et se sont faits fracasser par des vagues. J’en suis. Peut-être faut-il avoir côtoyé l’océan et avoir un rapport affectif et respectueux avec lui. J’en suis. Peut-être faut-il avoir vu Kelly Slater dans Alerte à Malibu. J’en suis aussi (damned !). En tout cas, ce qui est sûr, c’est que ce petit film de 45 minutes est une réussite totale pour celui qui aime cet univers, mais risque d’être complètement inaccessible pour celui qui ne s’y est jamais intéressé.



Jérémie Conde

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