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Terror on tape. 1983.
Origine : Etats-Unis
Genre : Anthologie de l'horreur
Réalisation : Robert Worms
Avec : Cameron Mitchell, Michelle Bauer, Mark Fenske, Tim Noyes...


Terror Tape n'est pas exactement un film. Il s'agit davantage d'une anthologie présentant des scènes de vingt films d'horreur différents avec un fil rouge, faisant le lien entre toutes les scènes. Ce fil rouge nous situe dans un vidéo club dédié au cinéma d'horreur, où trois clients vont pénétrer chacun à leur tour pour trouver leur bonheur. Ça sera d'abord un cadre coincé, puis viendra un ouvrier un peu beauf, avant finalement de voir débarquer une jeune femme délurée en quête de films les plus extrêmes possibles. Tout ceci sous l’œil attentif du gérant, sombre personnage présentant les films à ses clients en leur diffusant quelques extraits croustillants.



Bon, et bien ce fil rouge remplit sa fonction d'introduction, et le gérant interprété par l'expérimenté Cameron Mitchell ressemble plus qu'un peu aux personnages tels que le gardien des Contes de la crypte, que Vampira ou qu'Elvira, ces hôtes de l'horreur qui en font des tonnes au milieu d'un décor en carton submergé par des fumigènes. Les clients ne valent pas mieux et plongent eux aussi dans le stéréotype profond. Mention spéciale à Michelle Bauer, célèbre scream queen peu farouche, qui se pâme et qui n'est jamais satisfaite par les scènes qui lui sont montrées. Bref ce fil rouge, qui bien entendu se termine par un ultime rebondissement à tendance comique, répond à toutes les attentes et ne se prend jamais au sérieux.
Quand à la majeure partie du métrage, elle présente donc les scènes choc d'une vingtaine de film choisis selon leur quota de gore, et probablement également selon une histoire de droits légaux, mais là c'est tout de suite moins glamour. Les vingt ont des réputations diverses, allant du reconnu Cauchemars à Daytona Beach (Romano Scavolini, 1981), quelques Herschell Gordon Lewis à savoir Blood Feast (1963), 2000 Maniacs (1964) et Color me blood red (1965) au moins connu, comme Frozen Scream (Frank Roach, 1975) et l'incongru Enlèvement du président (George Mendeluk, 1980). Tous n'ont cependant pas une part égale à l'écran, et c'est ainsi qu'on verra bien souvent débarquer un plutôt moche Slayer (J.S. Cardone, 1982) ou le réjouissant Avion de l'apocalypse d'Umberto Lenzi (1980). A noter aussi la présence de Deadly Spawn (Douglas McKeown, 1983), redécouvert en France et en DVD à l'initiative de l'éditeur Le Chat qui Fume. Les autres films incorporés à cette anthologie sont Ghost Story (Stephen Weeks, 1974), La Possédée (Mario Gariazzo, 1974), The Astrologer (James Glickenhaus, 1975), Une fille... pour le diable (Peter Sykes, 1976), Ruby (Curtis Harrington, 1977), Une si gentille petite fille (Eddy Matalon, 1977), Le Zombie venu d'ailleurs (Norman J. Warren, 1978), Night Creature (Lee Madden, 1978), Vampire Hookers (Cirio H. Santiago, 1978), Blood Tide (Richard Jefferies, 1982) et Scalps (Fred Olen Ray, 1983).



Selon les attentes des clients du vidéo-club, les genres de scènes varient également, allant de l'horreur soft pour le coincé du début au franchement crade pour la nymphette de la fin, en passant par le côté un peu plus polisson de l'ouvrier. C'est à dire en réalité que l'intérêt va croissant, et que, à moins d'apprécier les quelques commentaires comiques que le gérant du video-club se permet de temps en temps, on pourra éventuellement zapper trois quart d'heure du film pour arriver directement à ce que l'on attend dès le début, il faut bien l'admettre : le gore. C'est à partir de là que Terror Tape décolle, car en effet, il présentera vraiment des scènes très sanglantes à un rythme soutenu. Il y aura même un best of de ce best of, monté rapidement pour que les plans sanglants s'enchaînent directement... Alors bien sûr, à force de nous présenter plusieurs scènes d'un même film, Terror Tape pourra quelque peut en dévoiler trop à propos des films dont il fait la promotion, mais bon, on ne lui en tiendra pas rigueur. Et puis au final, on a une belle brochette de scènes gores, et quelques acteurs reconnus qui apparaîtront dans des films qu'on ne leur connaissait pas forcément. On verra ainsi Christopher Lee, David Carradine, Natassja Kinski ou autre Richard Widmark. Largement de quoi assister à une belle petite compilation nous présentant des films que l'on a pas forcément vu, mais que pour la plupart on aimerait désormais voir (tout en sachant que dans leur intégralité, certains risquent quand même d'être vilains). Sans parler de ceux que l'on a déjà vu, et dont on revoit les meilleurs moments avec plaisir (les Herschell Gordon Lewis, par exemple). Belle initiative, quoiqu'un peu paresseuse, et qui donne un peu la nostalgie de l'âge d'or des vidéos clubs dans les années 80.

Loïc Blavier

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