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Street Fighter : The Legend of Chun-Li. 2009.
Origine : Canada / Inde / Etats-Unis / Japon
Genre : Énième adaptation de jeu vidéo ratée...
Réalisation : Andrzej Bartkowiak
Avec : Kristin Kreuk, Moon Bloodgood, Michael Clarke Duncan, Chris Klein...


Quiconque a été adolescent dans les années 90 connaît à coup sûr Chun Li. C’est un peu le fantasme de tous ces ados boutonneux, enfermés dans leurs chambres, devant leur télé, accrochés à leurs consoles, et matant les superbes jambes de la combattante de Street Fighter 2.
Face à l’énorme succès des jeux, Street Fighter se voit adapté au cinéma en 1994, avec Van Damme en tête d’affiche. Le film est un échec critique, sorte de navet sympathique.
Le succès du jeu vidéo toujours au rendez-vous, Hollywood retente sa chance en créant un film, un épisode sur la sexy Chun-Li. Manquait plus qu’à trouver l’actrice qui serait parfaite dans le rôle.
Et là, tombant du ciel, Kristin Kreuk, héroïne de la série Smallville apparaît sur nos écrans, mignonne comme tout, pour camper la légendaire Chun-Li.

Ainsi, Chun-Li est une petite fille gâtée et heureuse grâce à son papa qui lui apprend les arts-martiaux. Et puis elle joue du piano aussi, et elle semble douée. Mais un jour, son papa est enlevé devant ses yeux par le méchant Bison, un roi de la pègre.
Quelques années plus tard, Chun-Li quitte Hong-Kong pour Bangkok. Sa légende commence ici. Elle devra retrouver son père, lutter contre le crime grâce aux bons soins d’un maître en arts martiaux qui lui apprendra à gérer sa colère et à lancer des boules d’énergie...

Soyons bref, ce film ne mérite pas que je perde beaucoup de temps. Le problème principal, c’est qu’Andrzej Bartkowiak (Roméo doit mourir, Doom), le réalisateur, ne sait pas si son film doit exposer une certaine réalité ou s’il doit assumer un certain côté fantastique. On s’y perd un peu à vrai dire. Ce déséquilibre n’est pas la seule tare. Les combats -car qu’attendons-nous d’un tel film sinon de bons combats ?- sont fades et manquent d’imagination. De plus, ils sont terriblement courts ! Je pose la question, pourquoi adapter une franchise comme Street Fighter s’il n’y a pas de supers combats dans tous les sens, avec bravades, sueur et super punchs ? L’histoire, banale, n’exploite rien. Elle cherche bien à dénoncer une certaine misère dans les quartiers pauvres de Bangkok, mais la critique, s’il y en a une, se contente de rester superficielle, et terriblement naïve, et surtout loin de ce qu’elle est réellement.
Au milieu de tout ça, y’a un flic d’Interpol (joué par Chris Klein, toujours très mauvais à souhait) qui cherche à choper Bison (joué par Neal McDonough, pas du tout à son avantage), mais Balrog le boxeur (que Michael Clarke Duncan interprète misérablement, lui qui était si génial dans La Ligne verte...) le protège. Mais en fait, Bison, il n’a besoin de personne, parce qu’il est super fort, a des pouvoirs surnaturels qu’il a obtenus en tuant sa femme il y a fort longtemps...
Que dire de plus ? Certes, Kristin Kreuk est jolie, mais je reste persuadé qu’elle n’est pas une formidable actrice. Voilà une jeune fille qui a des progrès à faire, elle semble bien trop souvent très fausse dans ses émotions. Ce n’est pas le pire du film, mais ça n’aide pas à l’immersion, déjà que ce n’était pas facile avec cette histoire débridée... Et c’est toujours le même problème, on adapte une œuvre (car oui, un jeu vidéo est une œuvre !) mais on ne respecte absolument rien ! Le visuel, les personnages et leurs enjeux divers, c’est tout simplement une pitoyable adaptation, et on pensait pourtant qu’Andrzej Bartkowiak avait réussi le pire avec Doom !

Street Fighter la légende de Chun-Li est une pure daube. Néanmoins, avec l’énorme échec commercial (12 millions de $ dans le monde, alors que le Street Fighter de JCVD en avait quand même rapporté 99 millions !) qu’a connu ce film, on peut espérer qu’il n’y aura pas de suite (comme le suggère la fin du film), et qu’on ne refilera peut-être plus de budget à un tel tâcheron de réalisateur pour nous détruire des films. Mais là, c’est mon côté naïf qui s’exprime.

Jérémie Conde

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