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Hammerhead : Shark Frenzy. 2005.
Origine : Etats-Unis / Aruba
Genre : Erreur (horreur accessoirement)
Réalisation : Michael Oblowitz
Avec : William Forsythe, Jeffrey Combs, Hunter Tylo, Elise Muller...


Nu-Image est connu pour avoir produit quelques films, disons plutôt des téléfilms, à petits budgets, un peu gores et d'assez mauvaises qualités. Sharkman peut donc tout à fait se définir comme une série B un peu gore. Et c'est avec toutes les bonnes intentions du monde que je me suis attelé à la tâche pour regarder cette oeuvre avec le regard du petit garçon qui découvre un nid d'oiseau.

Tout commence avec un scientifique qui fait des expériences (scientifiques) sur des êtres humains et des requins marteaux. Mélanges génétiques pour créer un être parfait qui sera le premier membre d'une nouvelle espèce. Puis nous découvrons un groupe de personnes qui vont se rendre sur l'île où ont lieu les-dites expériences (scientifiques), invitées par le docteur. Parmi elles, l'ex-petite-amie du défunt fils du docteur mystère. Mais très vite, le groupe est pris au piège de la folie meurtrière du docteur qui ne cherche qu'à se venger d'eux. Et soudain, un être génétiquement modifié apparaît et s'attaque aux membres du groupe.

Si ça, ça donne pas envie ! Donc j'ai décidé d'aller plus loin et j'ai découvert qu'un directeur du service informatique d'une grande entreprise sortant avec la directrice du service biologie (bravo le mélange social !) est un brillant soldat des forces spéciales ! A toute situation, il sait trouver la solution pour les sortir du pétrin. Franc tireur, lanceur de couteaux, capable de battre des soldats armés et entraînés, notre directeur du service informatique a sans nul doute un passé dans les Marines, mais rien ne nous est dit.
En fait, la principale difficulté, quand on entreprend ce genre de films, c'est de réussir à créer une ambiance, et surtout une crédibilité. En films de monstres, si ces règles là ne sont pas respectées, alors le spectateur va perdre son temps. Quand on pense à Alien par exemple, typique du film de monstre, au-delà de la capacité du ou des réalisateurs à créer des ambiances, la crédibilité, malgré la presque absurdité de la chose, est au rendez-vous. En parlant de chose, The Thing de Carpenter est un exemple parfait. Là-aussi la crédibilité est mise à rude épreuve, et pourtant, le réalisateur y arrive. Alors certes, je parle là de classiques et de réalisateurs qui ont fait leurs preuves ; tout ça pour dire que la crédibilité c'est important.
Donc quand je vois un cadre supérieur manier le couteau comme un gitan et la kalachnikov comme un soldat de l'armée rouge, je tique. Encore que les expériences d'un scientifique mégalo réussissent et se transforment en désastre, je peux l'accepter, mais que 90% des personnages soient de simpes prétextes à des scènes mal filmées pour les faire bouffer par la créature qu'on ne voit de toute façon jamais... Là je commence à perdre patience.
De la patience, il en faudra pourtant pour aller jusqu'au bout du film. Parce que bon, le groupe arrive à s'enfuir et cherche une position haute (sommet d'une colline) pour réussir à capter un signal avec leur téléphone satellite. Ils arrivent jusqu'à une plage, tentent de prendre d'assaut un bateau mais ça se passe mal, le groupe se divise en deux, l'un continue à chercher un sommet, l'autre décide de retourner au centre, (de là où ils viennent) pour soigner le gars. Bon, ok, pourquoi pas. Après tout c'est pas comme s'il y avait des gardes. Mais le pire, c'est qu'une fois au centre, le mec blessé qu'ils ont transporté à travers la jungle, bé ils le laissent se faire bouffer par le monstre !

En fait, ce film n'a rien pour lui. Les situations sont grotesques, abracadabrantes, c'est mal filmé, il n'y a aucune tension, on ne s'attache à aucun des personnages, on sait juste qui va survivre et qui ne va pas... Et puis c'est quoi cette idée de pondre des personnages juste pour qu'ils se fassent bouffer ? "Oh, tiens! T'es qui toi? Ah bé t'es mort, content de t'avoir connu, enfin vu..." Non, c'est pitoyable.
Alors je veux bien accepter que c'est un petit film avec un petit budget, c'est pour cela que je ne parle pas des effets spéciaux et des maquillages, mais qu'on en oublie toute originalité, qu'on n'essaie même pas de créer une ambiance, qu'on nous plante des personnages qui face à l'incroyable se découvrent être de véritables membres de commandos d'élites, même l'héroïne (la directrice du service biologie) sait tirer au fusil à pompe et ne rate pas ses cibles ! C'est simple, à 10 contre 3, les personnes sans aucun entraînement, et sans se cacher derrière des positions défensives, arrivent à massacrer tout un groupe de mecs entraînés à la guerre. Woh ! C'est plus ce que c'était les mercenaires ! Je crois qu'à ce rythme, ça va devenir un vrai problème politique.

Bon, ne soyons pas trop médisants non plus. Certes les acteurs passent leur temps à se demander ce qu'ils font là et pourquoi ils ont accepté de jouer dans cette horreur, et qu'il faut vraiment avoir besoin d'argent pour accepter un tel script, mais bon, passons. Passons donc sur la mise en scène, le scénario, les effets spéciaux et moins spéciaux... Que reste-t-il à ce film ? Non mais c'est vrai ! Je n'arrive toujours pas à comprendre le rôle de cette scientifique russe qui participe aux pires expériences sur des êtres humains, qu'on voit un peu au début, puis plus rien, puis elle revient pour dire que c'est pas bien, puis elle rejoint les fuyards pour les aider, et elle meurt parce qu'il faut justifier ses apparitions. Et si y'avait qu'elle ! Presque tous ne servent à RIEN ! Et puis le docteur mégalo, ras le bol ! Un peu avant la fin, je me disais, "cool, ils n'ont pas osé nous faire un docteur avec un rire horrible pour montrer que c'est un type horrible !" Et puis je n'avais pas terminé de penser cette phrase que ce con se met à faire ce rire horrible qui ne fait pas de lui un type horrible, juste très ridicule.

Bref, vous l'aurez compris, je profite de ces lignes pour jeter mon venin sur cette production si mauvaise que je vous mets en garde : le temps se perd, ne le gaspillez pas avec cette oeuvre là.

Jérémie Conde

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