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Scream 2. 1997.
Origine : Etats-Unis
Genre : Slasher
Réalisation : Wes Craven
Avec : Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette, Liev Schreiber...


Après le succès fracassant du premier Scream, le couvert est remis dès l'année suivante : tout le monde revient. Wes Craven le réalisateur qui cette fois ne se fait pas piquer sa franchise phare, Kevin Williamson le scénariste sarcastique, Neve Campbell en héroïne coincée, Courteney Cox en paparazzi pas si méchante que ça, David Arquette en neuneu et, bien entendu, le tueur au masque inspiré du Cri d'Edvard Munch. Reste donc à découvrir quel est le fauteur de trouble qui sous cette grotesque défroque s'amuse à butter tout ceux qui côtoient la prude Sidney.

Le premier Scream n'était certes pas terrible mais il empruntait une démarche originale, celle de s'auto-analyser en temps que slasher afin de moquer quelque peu les conventions des slashers basiques. Ici, Williamson reprend le même concept, portant cette fois sur les règles imposées des séquelles de slasher. Mais tout le problème est qu'il n'y a pas véritablement de règles différentes : une séquelle de slasher utilise les mêmes règles que le modèle, avec davantage de meurtres, de gore et, soit-disant, avec une mise en scène plus percutante (ah oui ? Vendredi 13 chapitre 2 par rapport au 1, c'est du Kubrick, peut-être ? Et Halloween 2 a gagné au change entre Rick Rosenthal et John Carpenter ?). Des ingrédients mentionnés explicitement dans le film, toujours par l'ahuri vidéophile qui servait exactement à la même chose dans le premier volet. Deux - trois règles pour les séquelles, ça fait mince pour les citations du film, qui virent souvent au hors sujet total : Le Parrain, Star Wars, Terminator, et même House... Quel rapport avec le slasher, tout ça ? Aucun ! Il s'agit juste de références cinéphiliques s'inscrivant dans le débat mené par des étudiants en cinéma discutant des séquelles meilleures que les films originaux (gageons que Williamson n'a pas voulu non plus citer des films trop méconnus du grand public). Débat stérile digne des pires forums internet, et qui est né d'une remarque comme quoi les séquelles seraient moins bonnes que les originaux. Williamson a-t-il voulu coller tellement à cette règle que dans un grand élan d'auto-dérision il fit de Scream 2 un film tout pourri ? On ne sait pas vraiment, mais toujours est-il qu'il s'agit effectivement d'un raté dans les grandes largeurs, qui n'a pas grand chose à proposer en termes de mise en abîme. On apprend que le tueur agit exactement comme dans le premier film, choisit ses victimes par rapport à leurs similitudes avec ceux du premier film et que donc la structure d'un slasher est tout à fait respectée et que le tueur est ainsi probablement cinéphile. Il sait tout autant qu'il faut plus de meurtres et de gore. Dont acte ? Même pas : Scream 2 est certes plus sanglant que Scream premier du nom, mais n'arrive certainement pas à la cheville d'un Vendredi 13 quelconque. Le nombre de meurtres est également plus élevé, mais là aussi on est loin des 22 gugusses déssoudés par Jason dans Vendredi 13 chapitre 8. Quand à la mise en scène qui doit paraît-il être plus élaborée, je la cherche encore. La seule ébauche de bonne idée vient de l'introduction, qui fait écho à celle du premier film, et qui une fois de plus résume à elle seule ce qui va suivre. Le fait de faire se dérouler cette entame dans un cinéma projetant Stab, l'adaptation de ce qui s'est déroulé un an plus tôt (donc dans le premier film), relève de la mise en abîme ironique et permet à Craven et Williamson de retourner des scènes du premier film afin de se moquer d'eux-mêmes ainsi que de toutes les "adaptations" en général. Scream 2 aurait dû se contenter d'être un court-métrage et de s'arrêter à la fin de cette introduction, mais ce n'est pas le cas. Il faut donc se coltiner ensuite plus d'une heure et demie de parlottes, de traumatismes, de tueur débile, d'histoires de coeur et de révélation finale indigne de Scooby Doo, qui cette fois laissent clairement penser que Craven et Williamson se sont effectivement foutus carrément de la gueule de leur propre séquelle, tout en évitant d'en faire trop pour ne pas vexer les amateurs du genre (on retrouve également l'idée, déjà présente dans le premier film, que les films d'horreur ne sont pas à l'origine de comportements psychopathes). Ce n'était à vrai dire pas la peine de prendre cette précaution, puisque ce ne sont pas les quelques références aux codes des "séquelles de slasher" qui vont suffire à recréer le côté parodique du premier Scream. La quasi intégralité de la chose ne sera en fait pas autre chose qu'un slasher tout con, tout lisse, sans recul sur lui-même. A l'image de la quasi-intégralité des films produits à la suite du succès des Scream.

Loïc Blavier

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