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Rocky V. 1990.
Origine : Etats-Unis
Genre : Drame / Action
Réalisation : Sylvester Stallone
Avec : Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Sage Stallone...





Quand j’ai dit à un ami qu’il fallait que j’écrive la critique de Rocky V et que je n’étais pas très motivé, il m’a dit : "t’as qu’à dire qu’il n’existe pas, t’as qu’à le nier, de toute façon, pour ce qu’il y a à dire sur ce film..."
Ouais, Rocky V c’est un peu comme Mad Max 3, vaut mieux ne pas y penser. Y’a des films comme ça qui font tâche et dont on ne peut vraiment rien tirer de bon, sinon peut-être l’envie de bien faire, et encore, on arrive même à en douter.

Parce que Rocky V, ce n’est pas un Rocky. C’est vrai, un film où le plus grand boxeur de tous les temps ne monte pas sur le ring, ça a de quoi gonfler. Associer à cela une histoire foireuse, un retour au source raté, un Stallone qui essaie de redevenir le même que dans Rocky premier et deuxième du nom et vous avez là un film qui ne raconte rien et dont on ne retient rien, un film qui ne ressemble à aucun autre, un film qui ne ressemble pas à grand chose.



Ainsi, Rocky Balboa rentre victorieux de Russie, et il apprend coup sur coup deux mauvaises nouvelles. Il a un traumatisme cérébral irréversible (il ne peut donc plus boxer) et Paulie, son boulet de beau-frère, a fait perdre à Rocky toute sa fortune dans une histoire immobilière foireuse. Alors Rocky et sa famille doivent emménager dans les quartiers pauvres de Philadelphie, et les voilà de retour comme dans le tout premier film dans ce quartier qu’ils ont tellement voulu quitter, le quartier pauvre, pourri. Rien n’a vraiment changé, sinon que les pauvres sont encore un peu plus pauvres. Comme Stallone a déjà tout dit sur ce quartier là de Philadelphie, il va raconter autre chose, le problème de la paternité, peut-être parce qu’il est devenu père lui aussi.
Stallone ne réalise plus, c’est le même réalisateur que celui du premier Rocky qui s’y colle, John G.Avildsen, peut-être parce que Stallone a envie de redonner à son personnage fétiche l’image qu’il avait avant les très moyens Rocky 3 et 4.
Sauf que ça ne marche pas. Rocky ouvre une école de boxe, il se trouve un petit poulain, Tommy Gunn, qui pourrait devenir champion un jour, mais ce futur champion veut aller plus vite, il veut être un héros, mais Rocky le pousse à s’entraîner davantage pendant qu’une sorte de copie de Don King manipule Tommy Gunn pour que ce dernier combatte Rocky dans un combat qui s’avérerait être le combat du siècle : Rocky contre son protégé, celui à qui il a tout appris. Le combat aura bien lieu, dans la rue, combat d’un vieux voyou qui revient dans son quartier populaire et qui se bat sur le bitume, là où il a grandi.
Ce retour au source n’était pas inintéressant, le problème de Rocky V, comme les deux précédents, c’est la naïveté apparente des propos et de l’histoire. Le réalisateur Capra s’était spécialisé dans des films se voulant naïfs, mais pas bêtes, des films montrant très simplement des vérités. Le problème de ce film, c’est qu’il est bête. Tout est traité superficiellement, et il manque quelque chose d’essentiel : l’œil du tigre. Il manque à Stallone la volonté de raconter quelque chose de vrai. Ce film manque de vérité. Il manque de Stallone, de tripes. Après le deuxième opus et la gloire récoltée par l’acteur, il semblait qu’il n’avait plus grand chose à dire, il était arrivé au sommet, il avait atteint son but. Avec ce Rocky V, Stallone essaie de raconter une histoire qui ne le concerne pas. Et c’est là le principal problème. Alors que dans Rocky VI, Stallone sait de quoi il parle, il vient de connaître quinze années de galère et de déceptions, on ne le demande plus pour des films à gros budgets, on ne lui fait plus confiance, il est vieux, il doit laisser sa place, c’est ce qu’il raconte dans le dernier Rocky, mais dans ce cinquième, il est à côté, il essaie de se raconter, mais il ment, et ça se sent. Alors ni scène d’entraînement, ni combat spectaculaire, juste un film qui se veut intimiste, mais qui n’entre pas dans l’intimité de son créateur, du coup, c’est raté.
Dommage.



Jérémie Conde

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