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Rocky IV. 1985.
Origine : Etats-Unis
Genre : Drame / Action
Réalisation : Sylvester Stallone
Avec : Sylvester Stallone, Dolph Lundgren, Talia Shire, Burt Young...




Quand l’URSS arrive aux Etats-Unis, c’est un événement. Quand en plus, elle arrive avec un boxeur et qu’ils veulent se battre contre le champion pour prouver leur suprématie, c’est encore plus un événement !
Sauf que c’est Appollo Creed qui veut remonter sur le ring pour botter les fesses du petit soviétique. Un combat exhibition est alors organisé entre l’ancien champion à la retraite et Ivan Drago (joué par Dolph Lundgren), le méchant russe qui s’avèrera pas si méchant que ça au final. Et là, surprise, le colosse russe est une montagne de muscles infranchissable et Appollo se prend une branlée monumentale. Pourtant, il refuse de jeter l’éponge et continue à boxer et finit par crever lamentablement sur le ring. Rocky qui coachait pour l’occasion Appollo se sent coupable de sa mort, il aurait dû jeter l’éponge, abandonner, et voilà que de nouveau, Rocky est confronté à la mort d’un de ses proches.
Il tient alors à se venger et organise un combat le soir de Noël en URSS contre Drago qu’il compte bien battre. Il en va de l’honneur de Rocky et de toute l’Amérique.
Bon bé voilà, tout est résumé dans ces quelques phrases ! Autant dire qu’il n’y a pas grand chose à dire de ce film, sinon du mal… Oui, car Rocky IV est le film qu’il ne fallait pas faire. Enfin, qu’il ne fallait pas faire de cette manière. D’ailleurs, on se demande comment Stallone a pu pondre un film aussi niais. Car ce film est niais. Mal fichu du début à la fin, sauf scènes d’entraînement et le combat, Rocky IV est l’archétype de ces mauvais films des années 80. La plupart du temps, on a l’impression de voir un clip, les acteurs sont à côté de la plaque, à la limite du ridicule, la surenchère est de rigueur, et pire que tout, les clichés et la morale détruisent un film qui dès le départ était mal barré.



Ainsi, pour répondre aux succès des précédents Rocky, Stallone n’a rien trouvé de mieux que de faire de son personnage fétiche l’ambassadeur de toute l’Amérique. Cela dit, ce n’est pas très surprenant tellement Rocky incarne le rêve américain à lui tout seul. Sauf que tout est bon pour caricaturer l’URSS et les Russes dans ce film. Les méchants russes qui font des expériences sur leurs athlètes pour les rendre plus forts, supérieurs aux autres. Alors bien évidemment, Rocky va prouver que malgré les expériences soviétiques, un homme simple peut vaincre une machine à tuer. Ouf, la morale est sauve !
Ainsi, Rocky décide d’aller s’entraîner en Russie, dans le froid glacial, dans la montagne pour devenir plus fort, plus résistant. Et c’est peut-être le plus intéressant du film, les paysages magnifiques, et un entraînement bien fichu conclu par l’ascension d’un versant de montagne, magnifique. Le combat nous fait penser à celui de Mohammed Ali contre George Foreman à Kinshasa au Zaïre. La force brute et la jeunesse du Russe (à l’instar de Foreman) contre l’expérience de Rocky (à l’instar de Mohammed Ali). Ainsi, la tactique est la même, Rocky se laisse taper sur la gueule pour fatiguer son adversaire, utilisant les cordes suivant la tactique devenue célèbre du « rope-a-dope » (il s’agit de se laisser appuyer par les cordes tout en recevant les coups de l’adversaire en se protégeant, pour le fatiguer). Et c’est peut-être ce qu’il faut retenir de positif dans ce film, l’hommage à Mohammed Ali, et au combat de 1974.



Cependant, on tombe malheureusement dans le cliché, et c’est bien dommage. Car ce film diabolise l’URSS jusqu’à une fin remplie de bons sentiments, peut-être trop, lorsque Rocky, après avoir gagné le combat explique qu’au début, en entrant dans la salle, il était hué, insulté, que les spectateurs ne l’aimaient pas, et au fur et à mesure du combat, le public a commencé à apprécier cet homme qui reste debout malgré les coups, qui se bat malgré le fait qu’il soit moins fort. Et ainsi, il leur avoue qu’il ne les aimait pas lui non plus, mais qu’ensuite, en entendant leurs encouragements, il a changé, et alors il dit : « si moi j’ai changé, et si vous vous avez changé, alors tout le monde peut changer ». Cette phrase, naïve, nous montre un Stallone qui n’a sans doute pas bien compris les enjeux politiques de son combat et de son film. Il n’a sans doute pas compris que si les Russes et les Ricains se sont tant détestés, c’est parce que leurs dirigeants en ont décidé ainsi, et qu’ils ont tous été endoctrinés par des propagandes stupides, autant dans la belle démocratie américaine que dans l’ignoble dictature communiste. C’est cela que Stallone aurait dû raconter, il n’aurait pas dû diaboliser tout un peuple même si à la fin il finit par les aimer, parce que Stallone était capable de mieux faire qu’une sorte de Rambo allant venger toute l’Amérique sur un ring russe.

C’est dommage, le sujet aurait pu être intéressant, mais malheureusement très mal traité à cause d’une naïveté à trop vouloir bien faire. C’est raté. On retiendra néanmoins le combat très réussi, et les beaux paysages de l’entraînement. A noter que c’est le film de la saga Rocky qui eut le plus de succès aux Etats-Unis. Ça fait peur.

Jérémie Conde

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