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The Rock. 1996.
Origine : Etats-Unis
Genre : Action
Réalisation : Michael Bay
Avec : Sean Connery, Ed Harris, Nicolas Cage, John Spencer…


Michael Bay... De vous à moi, Michael Bay est un peu pour moi tout ce que le cinéma des années 90 a donné de plus mauvais. C’est un peu une sorte de surenchère gratuite de films d’action auxquels on introduit des ralentis un peu partout pour montrer que ça a coûté bien cher en effets spéciaux et pyrotechniques. Et néanmoins, je suis de ceux qui pensent qu’on peut user du ralenti de manière intelligente et efficace.

Et pourtant. Oui et pourtant ! Michael Bay arrive à divertir. Honte à moi, je l’avoue. J’étais au cinéma pour aller voir Will Smith dans Bad Boys et je fus enchanté à l’époque ! J’avais 13 ans. Ça se laissait regarder, ça allait vite, ça fonçait, c’était cool. Du coup, c’est ce que j’attendais du cinéma de Michael Bay en grandissant, que ce soit cool. Aujourd’hui, je n’attends plus grand chose de Michael Bay, faut le dire avec objectivité autant que faire ce peut, Michael Bay est une machine à films d’action, c’est tout. Alors j’aime revoir Rock. Pourtant, beaucoup de choses m’y agacent. La réalisation tout en non finesse, la surenchère d’effets pyrotechniques, les faux mauvais sentiments, les méchants pas méchants et les méchants méchants, et puis gros problème de Michael Bay aussi, le fait qu’il dirige mal les acteurs.

Ainsi Rock raconte l’histoire d’une prise d’otage dans la prison d’Alcatraz et l’envoi de super gars pour les délivrer, une mission sauvetage donc. Sauf que ça se passe mal, et il ne reste qu’un vieil agent anglais (Sean Connery) et un chimiste du FBI (Nicolas Cage) pour tuer tous les méchants qui restent, c’est à dire des marines américains surentraînés prêts à tout casser. Bien sûr, on le sait d’avance, les gentils ne peuvent pas perdre ! On passera les détails sur le comment du pourquoi qu’un vieil agent des services secrets britanniques se retrouve à sauver de pauvres touristes visitant une prison sur une île. En fait, l’histoire n’a pas grand intérêt, le film en lui même n’est pas très intéressant, mais ce qu’on peut au moins sauver, et rendre à Bay ce qui est à lui, c’est qu’il arrive à construire un film correct, et à créer une certaine dose de tension et de suspens qui sauvent le film. Parce que c’est bien joli d’en foutre plein les yeux, de faire durer l’arrivée sur l’île en ajoutant une course poursuite, parce qu’un film de Bay sans course poursuite en voiture, ce n’est plus vraiment un film de Bay, mais on attend autre chose ! On attend du fond ! Alors oui, il y a de la forme, c’est très bien, une forme qui ne me convient pas particulièrement, mais Bay a sa propre patte, il est reconnaissable parmi des milliers, on ne peut pas lui enlever cela, mais au delà de la forme, que reste-t-il ? Je l’ai déjà dit, il ne reste pas grand chose.
Alors heureusement, il y a les acteurs. Trois pointures : Sean Connery, Nicolas Cage et Ed Harris. Alors comme Michael Bay n’est pas le roi de la direction d’acteurs, et bien ils font un peu comme ils peuvent. Les vieux briscards comme Connery et Harris s’en sortent à merveille, ils font ce qu’ils savent faire, sans forcer, ils font un peu comme ils peuvent, ce n’est pas vraiment leur registre ou ça ne l’est plus, mais ils répondent présents et font le minimum syndical. Nicolas Cage quant à lui est un peu juste, il en fait parfois un peu trop. Et puis je crois que j’en ai marre de ces héros qui sont censés ne pas savoir se battre mais qui éclatent un militaire entraîné à tuer. Bien sûr, le bien triomphe toujours, sinon ça serait un scandale de payer une place de cinéma où on ressortirait en pensant que les méchants peuvent gagner. A croire qu’un jour ils nous feront un film où le 11 septembre 2001 a été évité...

Bref, amateurs d’action et de films où il ne faut pas réfléchir et où il ne faut pas chercher à comprendre la surenchère des scènes, vous serez comblés ! Les autres, vous pouvez regarder, passer le temps avec si vous vous ennuyer, sinon un bon bouquin c’est toujours mieux.

Jérémie Conde

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