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La Noche del Terror Ciego. 1971.
Origine : Espagne / Portugal
Genre : Horreur
Réalisation : Amando De Ossorio
Avec : Lone Fleming, César Burner, María Elena Arpón , Joseph Thelman...


Deux amies se rencontrent plusieurs années après avoir été séparées. Heureuses de se retrouver, elles se décident à partir camper avec un ami.
Elles prennent le train mais pendant le trajet, des gestes de l'accompagnant à l'égard de sa meilleure amie décide l'une des deux jeunes femmes à descendre en cours de route du train. Elle arrive sur les ruines d'un château et décide de camper sur place... Malheureusement, elle n'était pas au courant que ces lieux étaient maudits et que chaque nuit, les cadavres d'anciens templiers sortent de leur tombes pour assouvir leur soif de sang !

Ce film est le premier d'une série, et sera suivi du Retour des Morts-Vivants (El Ataque de los muertos sin ojos), du Monde des Morts-Vivants (El Buque maldito) et de La Chevauchée des Morts-Vivants (La Noche de los gaviotas). Le côté hispanisant de La Révolte des Morts-Vivants est sensible, l'ambiance diffère des films américains de la même époque, et on y retrouve certaines façons de filmer de Mario Bava à sa grande époque (les zooms avant sur les visages tuméfiés et mains en putréfactions).



Trois parties peuvent y être distinguées :

- le meurtre de la fille par les templiers aux alentours du châteaux
- le réveil de cette même fille dans la morgue
- la recherche du pourquoi-du-comment par les proches de la défunte sur le lieu maudit

La première partie est assez classique : la fille s'apprête à dormir et les morts-vivants (d'anciens chevaliers adeptes du sacrifice d'êtres humains, chassés et tués par les villageois de leur époque, buvant le sang de leurs victimes afin de devenir immortels) se lèvent de leurs tombes afin de se repaitre de sa chair. La deuxième partie montre donc la même fille qui se lève de sa table mortuaire, à la manière d'un Frankenstein (l'hommage est flagrant, les bandages et la cicatrice sur la tête le prouvent!) suceur de sang. La troisième partie revient elle sur les lieux du meurtres, les amies de la victime y débarquent pour en savoir un peu plus sur cette histoire. Les cavaliers sortent de nouveaux de leurs tombes et s'en suit une lutte-poursuite entre eux et leurs proies!

Le premier terme qui sortirait de ma bouche pour définir ce métrage serait "Mou"! On s'ennuie ferme, à la limite du ronflement.
On passera sur toute les décisions des protagonistes complètement absurdes et leur réactions à la vue des morts-vivants qui le sont tout autant (on y est habitués après avoir vu un paquet de film horrifiques), mais le rythme, non de Zeus, le rythme! On passe à 2 doigts de l'apoplexie !



Le point crucial de la mise en scène est l'accentuation des séquences censées terroriser, aussi on retrouvera à de nombreuses reprises des zooms très rapides sur les victimes qui hurlent, sur des doigts squelettiques qui passent par l'entre-baillement de la porte ou encore des visages pourris par le temps !
On ressent cette accentuation par la musique qui accompagne ces scènes. Des chants rituels ou le plus souvent des "Bong...Bong" à la manière de la musique du Blood Feast d'Herschell Gordon Lewis. Ces tambours sont censés ponctuer chaque battement du coeur; je retiendrai surtout le manque d'innovation musicale et la pauvreté de l'ensemble. Ceci lié à une mise en scène molle, des morts-vivants qui avancent plus lentement que lentement et des victimes peu farouches qui au lieu de s'échapper préfèrent rester contre un mur et crier de façon suraigüe !

Le look des zombies, quand à lui, change de tout ce que l'on peut voir habituellement et cela donne un style tout particulier au film. Mais le problème est qu'ils ne sont pas utilisés à bon escient, De Ossorio s'acharnant à les filmer au ralenti sur leur chevaux : ces scènes sont longues et cassent toute l'ambiance, nous faisant décrocher constamment.

Il subsiste pourtant des scènes glauques, comme le viol de la jeune femme dans le cimetière, mais ceci est noyé dans un ennui tellement collant et constant qu'il est difficile d'en sortir, et ce ne sont pas ce genre de scène qui sauveront ce dortoir collectif... Pas vraiment impatient de voir les suites de ce somnifère surpuissant !

Alain Lapeyre

Textes et images © Association Tortillapolis. Tous droits réservés.