critiques


réalisateurs


acteurs


thèmes


origines



Ray. 2004.
Origine : Etats-Unis
Genre : Biopic
Réalisation : Taylor Hackford
Avec : Jamie Foxx, Kerry Washington, Regina King, Clifton Powell...


Ray Charles. Ray Charles. Ça vous évoque quoi ? Je ne saurais dire exactement quand j’ai découvert cet artiste, mais j’ai toujours eu le sentiment que je connaissais tout de lui, enfin plutôt de sa musique. Alors j’entends doucement et tendrement les premières notes de "Georgia on my Mind", les violons excitent mes tympans, la voix de Ray dresse chaque poil de mon corps, sa musique se communique par frissons. Victor Hugo disait : « Amour, panique de la raison, se communique par le frisson. » Ray Charles c’est un peu ça, un amour immense pour une musique qui a bercé ma vie. Unchain my heart pour enchaîner -je me permets un léger jeu de mot- j’ai envie de danser, j’ai envie de chanter. Ray Charles c’est tout ça, c’est "Hit the Road Jack", c’est "You don’t Know me", c’est le génie!
Alors, c’est assez partagé que je vais voir Ray, le film. C’est assez partagé, mais c’est aussi très excité, l’idée de voir le Genius à l’écran, c’est en soi une idée intéressante, mais que va-t-on en faire ? Merde, on parle de l’aveugle qui a conquis le monde en révolutionnant l’univers de la musique, en inventant un nouveau son, la soul, en faisant éclater les mœurs, bref, en ouvrant la voie à une nouvelle ère de musique.
Et le film s’en sort bien, vraiment très bien. Si la réalisation reste très classique, avec un montage s’appuyant principalement sur des flash-back revenant sur son enfance, on ne peut que soutenir cette idée. Parce qu’on découvre une partie de sa personnalité non négligeable, le pourquoi de son entrée dans la drogue, ce médicament miracle qui lui permettait de vivre en accord avec sa conscience. Frère mort lors d’un accident dont il se sent coupable, puis cécité qui apparaît, sa mère refusant de traiter son fils en infirme, sans doute l’une des raisons de n’avoir jamais vu Ray Charles avec une canne et un chien d’aveugle. Ray Charles refuse qu’on le traite en invalide, il se bat pour qu’on le respecte, et c’est cela que nous fait découvrir le film, un homme fort qui saura être aimé du grand publique mais aussi très détesté. Il chamboule la musique, il joue des sons gospels en y mettant du sexe, il joue de la country, musique blanche par excellence, Ray fait de sa musique un univers hors norme, et il réussit à chaque fois. Homme à femmes, découvreur de talents, pianiste de génie, orphelin, aveugle, noir luttant pour les droits civiques, Ray Charles, l’homme qui immortalisa la Géorgie, état qui le rejeta, Ray Charles, celui qui aurait pu chuter à cause de la drogue, celui dont on ne savait pas grand chose devient celui qui n’hésite pas à montrer son vrai visage derrière ses éternelles lunettes noires.
Mais tout cela reste classique. En premier lieu, il faut aimer sa musique, car heureusement le choix s’est fait de mettre en avant aussi bien sa musique que sa vie privée. Mais ça reste un film très classique, et certains pourront le trouver alors ennuyant, ce qu’il n’est pas à mon avis. Il ne l’est pas parce que Jamie Foxx se présente comme l’acteur le plus efficace et le plus incroyable de l’année. La copie est parfaite, le jeu est incroyable, on a le sentiment de voir le vrai Ray Charles, il ne s’est pas contenté de porter ses lunettes, il est Ray Charles, il marche comme lui, il parle comme lui, et même il va jusqu’à chanter et jouer du piano comme lui. Son interprétation est bluffante, et sa double nomination aux oscars n’est pas un hasard, Jamie Foxx, révélé par Oliver Stone dans L’Enfer du Dimanche s’impose comme l’un des meilleurs acteurs de sa génération, troublant de vérité, fantastique, n’ayons pas peur des mots.
Ray est donc un bon film. Film dont le scénario eut l’aval du Genius en personne à qui on avait donné une version en braille, il accepta sans nulle difficulté qu’on montre aussi ses côtés sombres, et on en voit énormément.
Bref, Ray s’inscrit dans la lignée des bons biopics, un film vrai sur un homme entier dont le parcours ne fut pas des plus simples. Alors jetez-vous dessus, et prenez grand plaisir à découvrir les nombreux classiques du Genius.

Jérémie Conde

Voir thème :

Textes et images © Association Tortillapolis. Tous droits réservés.