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The Land Unknown. 1957.
Origine : Etats-Unis
Genre : Aventures fantastiques
Réalisation : Virgil Vogel
Avec : Jock Mahoney, Shirley Patterson, Henry Brandon, William Reynolds...


Il n'y a pas que l'espace dans la vie des explorateurs de tous poils : il y a aussi l'Antartique. Trop souvent oublié notre pôle sud, lui qui offre pourtant son lot de mystères... et de matières premières. Ce qui nous amène donc directement aux Etats-Unis, qui comme une poignée d'autres nations se décident dès les années 50 à explorer cette vaste contrée que l'on pense de glace. Voire ! Une expédition précédente a signalé une incroyable source d'eau chaude. La nouvelle expédition organisée en profite donc pour aller s'informer là-dessus. Un hélicoptère contenant à son bord trois militaires et une journaliste est envoyé en éclaireur au dessus de cette mer intérieure. Mais, pris dans une tempête, nos quatre héros iront se perdre dans une intense brume qui les ménera dans un immense creux, en dessous même du niveau de la mer, dans une zone demeurée à l'époque mésozoïque. Autant dire tout de suite qu'avec leur hélicoptère foutu et les radiotransmissions impossibles, les quatre aventuriers se trouvent dans la mouise. Survivront-ils dans ce monde hostile peuplé de dinosaures, de lézards géants et même du survivant de la précédente expédition, devenu quelque peu farouche ?



Les retours au monde préhistorique sont monnaie courante au cinéma, surtout qu'avec une base telle que le Voyage au Centre de la Terre de Jules Verne, le travail de mise en situation avait déjà été pré-mâché. Il faut dire que l'idée d'une nature hostile à l'homme et la présence de dinosaures aussi impressionants que le Tyrannosaure sont des éléments aptes à stimuler l'imagination de tous, adultes comme enfants. Le cinéma des années 50 et sa nette tendance aux monstres géants ne pouvait laisser passer ce sujet fait pour lui. Virgil Vogel, alors pimpant débutant auréolé de la gloire de ses hommes-taupes vus dans Menace sous la terre, se retrouva donc à tourner sa vision des choses pour le compte de la Universal, embauchant en tête d'affiche un certain Jock Mahoney, futur interprète de Tarzan et donc grand amateur de nature sauvage. Mais l'acteur n'en est pas encore là, et il se trouve pour l'instant à la tête d'une expédition hasardeuse. Loin de sauter de liane en liane, il est dans la tradition de la science-fiction de l'époque : c'est le chef indiscutable, le plus brave, celui qui ne se trompe jamais, qui ne perd jamais ses esprits face à la situation déséspérée, celui qui maintient l'espoir, remotive les troupes, effraie les méchants, sauve la femme des griffes de moult périples avant de lui ravir définitivement son coeur. Dusse-t-il avoir tenté de négocier l'arrêt d'un piquet de grève de cheminots CGTistes qu'il aurait réussi. Comme bien souvent dans les productions de l'époque, le héros (c'est à dire le plus gradé des militaires en présence) est également valorisé non seulement par son courage et son charisme, mais aussi par la comparaison avec ses hommes, qui tout en n'en étant pas dans le fond antipathiques apparaissent nettement moins valeureux que lui. C'est ainsi qu'ils se montreront capitulards et même volontiers salauds, proposant de donner la gente demoiselle à Karl, l'homme sauvage, qui n'accepte de leur donner l'hélice de son propre hélicoptère qu'à cette condition. Il faut les comprendre : tout le monde ne peut pas être aussi solide que le chef, et l'abattement peut mener les simples hommes aux pires extrémités. Heureusement, ils retrouveront espoir par la suite et feront leur mea culpa, ce qui aura pour effet de souligner encore davantage les qualités du héros, qui, lui, n'aura jamais cédé à la pression, parvenant même à faire réapparaître le côté civilisé de Karl. Quant à la dame de l'expédition, il va sans dire qu'elle fait preuve d'une certaine passivité, comme toutes les starlettes de science-fiction de cette époque résolument machiste. Tout juste bonne à se fourrer dans des situations pas possibles, ce sera en partie grâce à ses mésaventures que le héros pourra montrer sa hardiesse au combat.



Ce qui nous amène donc à l'intérêt premier de ce genre de production : les dinosaures et autres représentants de faune et flore préhistorique. Production Universal oblige, le film a ainsi bénéficié d'un budget respectable, permettant à Vogel de recréer une époque poisseuse à la végétation très dense composée notamment du fameux arbre mangeur d'homme cher aux cryptozoologues amateurs de contes et légendes. Rayon animalerie, nous trouvons un tyrannosaure, quelques ptérodactyles et un monstre marin du genre de ceux qui peupleraient le Loch Ness. Si l'argent était bien là pour s'assurer de la lourdeur du climat ambiant, en revanche la conception de tout le bestiaire n'eut de toute évidence pas droit aux mêmes avantages. Dépassement de budget, problèmes technologiques ou tout simplement mauvais choix, toujours est-il que le niveau des effets spéciaux se fait pour le moins disparate. Vogel fait comme il peut pour tenter de rendre crédible ses pauvres figurants en costumes, jouant avec les perspectives, utilisant des maquettes, des marionnettes, pratiquant toutes sortes de trucages optiques... Certains effets réussissent, certains autres beaucoup moins. D'autres animaux bénéficient d'autres méthodes, tels que ces deux lézards filmés en train de se battre au milieu de maquettes donnant l'impression que nos reptiles sont d'une taille démesurée. Le procédé reste rudimentaire mais efficace, du moins lorsque des personnages ne sont pas artificiellement placés dans le même plan, auquel cas il sera bien difficile de croire que les lézards courent effectivement après eux. Mais ne faisons pas trop la fine bouche : Vogel a de toute évidence chercher à optimiser le résultat au cas par cas, et il s'en sort globalement bien.

Le principal est ici : L'Oasis des Tempêtes est un film d'aventure réussi, plein de rebondissements et de jolies images permettant de passer une heure et quart loin de tout ennui. Évidemment, rien de révolutionnaire là-dedans, et certainement pas les très conventionnelles relations entre personnages, mais tout de même, le spectacle (en Cinemascope s'il vous plaît) vaut le coup d'oeil.



Loïc Blavier

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