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Motel Hell. 1980.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horrible émission culinaire cocasse
Réalisation : Kevin Connor
Avec : Rory Calhoun, Paul Linke, Nancy Parsons, Nina Axelrod...




Motel Hell c’est ce qu’affiche le panneau publicitaire en néon du motel de Vincent. En réalité il ne devrait pas s’agir du motel de l’enfer mais du « motel hello », seulement quand on est propriétaire de ce petit établissement perdu dans la campagne on n’a pas forcément les moyens de remplacer le néon de la lettre o qui ne s’allume plus bien. C’est vrai que les clients n’affluent pas, alors pour arriver à vivre Vincent et sa sœur sont obligé de diversifier leurs activités. Parallèlement ils tiennent donc une ferme tout ce qu’il y a de plus rustique et une petite boucherie-charcuterie qui marche plutôt bien. C’est parce que Vincent vend le meilleur jambon fumé de tout l’Etat ! Il paraît qu’une fois qu’on a goûté la viande que prépare Vincent, toutes les autres paraissent fades. Ce qui rend ce jambon si particulier, c’est qu’il est soigneusement préparé avec de la bonne viande humaine...



Décidément, il ne fait pas bon s’arrêter dans les motels perdus de l’Amérique profonde. Il y avait déjà le motel du meurtrier Norman Bates dans Psychose et le commerce de viande d’origine douteuse tenu par la famille de Massacre à la tronçonneuse, et voilà maintenant que ce Motel Hell nous met à nouveau en garde contre les produits du terroir et l’hospitalité des ruraux. Mais ici, en lieu et place de l’inquiétant Norman et du grotesque Leatherface, il y a le débonnaire Vincent. Accueillant et volontiers blagueur, ce fermier est très fier des jambons qu’il prépare, et il n’hésite jamais à en vanter les mérites et à en offrir des échantillons aux clients de passage. Toutefois sa recette est jalousement gardée secrète. En exclusivité sur Tortillafilms nous allons vous livrer quelques-uns de ses secrets de fabrications !
Il convient tout d’abord de trouver de la viande fraîche et saine. Pour cela Vincent possède plusieurs techniques. La plus efficace étant de poser des pièges à loups sur la route la nuit et attendre qu’un véhicule passe. Une fois que le véhicule est immobilisé, il faut endormir les survivants au moyen d’un gaz lénifiant.
Puis il faut transporter les corps dans un endroit où on pourra les gaver en toute sérénité. L’idéal est de les enterrer jusqu’au coup dans un champ, afin de ne laisser dépasser que la tête. Il convient aussi de leur sectionner les cordes vocales pour les empêcher de crier.
C’est là le moment de les gaver avec de la viande de porcs nourris au grain et élevé en plein air.
Enfin, il faut les achever en leur brisant la nuque et les sortir de terre. Avec un hachoir bien tranchant, il faut couper la tête et les membres impropres à la consommation, vider les corps et les suspendre dans le fumoir.
C’est cette méthode que le film détaille, en conservant toujours un ton caustique et ironique qui rajoute de la saveur. Kevin Connor utilise abondamment le décalage de certaines situations, comme toutes les scènes de cannibalisme involontaire où les consommateurs se régalent de la viande tout en ignorant sa nature, pour créer un comique discret, qui ne prend jamais le pas sur l’horreur de la situation. Au contraire, horreur et comique s’entremêlent pour créer cette atmosphère très particulière.
On déplorera tout de même un rythme hélas trop progressif et un manque d’effets sanglants. Le film se met en place peut-être un peu trop lentement, et il faut attendre la fin du métrage pour voir un réel climat de folie se mettre enfin en place, avec notamment cet incroyable duel à la tronçonneuse (six ans avant le même type de duel montré dans Massacre à la tronçonneuse 2). Pour ce qui est des effets spéciaux, la plupart des scènes violentes et répugnantes sont suggérées et se déroulent hors champ. Il reste quand même quelques beaux maquillages ainsi qu’un florilège de carcasses et de membres découpés accrochés dans le fumoir...
Mais ces quelques défauts n’entachent pas la profonde sympathie qu’on peut éprouver pour ce Motel Hell qui est tout à fait recommandable !



Arnaud Schilling

Textes et images © Association Tortillapolis. Tous droits réservés.