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La Montagna del dio cannibale. 1978.
Origine : Italie
Genre : Aventure poussive
Réalisation : Sergio Martino
Avec : Ursula Andress, Stacy Keach, Claudio Cassinelli, Antonio Marsina...




Susan Stevenson débarque en Nouvelle-Guinée pour partir à la recherche de son mari disparu. Sur place, elle retrouve son frère Arthur avec lequel elle s'en va demander l'aide de Edward Foster, un aventurier qui connaît bien la région où a disparu Mr Stevenson: la jungle de Marabata, terrain de chasse privilégié de la légendaire tribu cannibale les Puskas.



Le succès du Dernier monde cannibale de Ruggero Deodato a entraîné, en Italie, toute une ribambelle de films ayant des cannibales à leur menu. Sergio Martino ne déroge pas à la règle et réalise le sien avec La Montagne du dieu cannibale. Toutefois, il y apporte sa petite touche personnelle, se refusant de céder à l'aspect documentaire de ses prédécesseurs, et en axant davantage son récit sur l'aspect aventureux. Son but n'est pas d'aligner les scènes gores en mettant en avant les rites cannibales mais de réaliser un pur film d'aventure dans la lignée des Mines du roi Salomon avec Stewart Granger.
Malgré cette volonté de se singulariser du reste de la production de l'époque, Sergio Martino n'oublie pas d'agrémenter son film de scènes animalières à la violence plus que suggestive.
Dans ce film, on suit donc le parcours de Susan Stevenson qui, par amour pour son mari, brave les mille et un dangers que recèle la jungle. Dans un hommage, volontaire ou non, aux Tarzan de la belle époque, ce sont les porteurs autochtones qui seront les premiers à périr. Durant les trois quarts du film, les cannibales du titre se contentent de n'être qu'une menace quasi invisible, ne frappant qu'avec parcimonie, histoire de maintenir l'attention du spectateur à son zénith.
Ce n'est que dans sa dernière demi-heure que Sergio Martino nous plonge dans l'enfer de la tribu cannibale, non sans nous avoir auparavant gratifié d'un léger retournement de situation.
Lors du final, Sergio Martino donne libre cours à ses penchants les plus déviants. Il nous offre un mélange d'érotisme et de sauvagerie dont le point d'orgue est l'orgie à laquelle se livre les Pukas en hommage à la déesse Ursula (comme je les comprends). Lui qui jusque là ménageait ses effets, oublie soudainement toute retenue pour aller dans l'excès. Ainsi, il filme longuement une cannibale, occupée à se prodiguer de savantes caresses sur un endroit très personnel, ou cet acte zoophile d'un cannibale à l'encontre d'un cochon qui ne demandait rien a personne. Des scènes comme seul le cinéma italien de l'époque pouvait nous en offrir.



Il faut reconnaître à Sergio Martino ses efforts louables pour se démarquer de ses petits camarades. La Montagne du dieu cannibale se retrouve dénué de toute fin moralisatrice dans le style "L'homme est un loup pour l'homme" ou encore "L"homme civilisé est plus féroce que l'indigène", coutumière de la flopée de films cannibales qui ont fleuri durant les années 70 et le début des années 80. Son but était le divertissement pur. Mais force est de reconnaître que niveau aventure, son film ne casse pas des briques. La Montagne du dieu cannibale est un film plutôt mollasson, et qui vaut essentiellement pour les charmes de son actrice principale. Du coup, on peut aisément se contenter de l'affiche et s'abstenir de cette plongée dans la jungle sur les traces d'un homme dont on se fout éperdument.

Bénédict Arellano

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