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Mimic. 1997.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Guillermo Del Toro
Avec : Mira Sorvino, Jeremy Northam, Alexander Goodwin, Giancarlo Giannini...




Dans les sous-sols new yorkais, une race mutante d'insectes à la base destinée à éradiquer l'invasion de cafards a proliféré pour atteindre des proportions peu raisonnables, faisant de l'homme une proie naturelle. A charge pour les coupables involontaires de découvrir l'ampleur des dégats et de débarasser la ville de ces funestes "judas" avant qu'ils ne soit trop tard...

Un sujet on ne peut plus classique pour un Guillermo Del Toro qui réalisait là son second long-métrage après Cronos, et son premier aux Etats-Unis. Une entrée en scène à Hollywood plutôt difficile, car la boîte de production n'est nulle autre que Miramax, gérée par les frères Weinstein. Et bien sûr, Bob Weinstein, ici producteur, se sera révélé plutôt envahissant sur le travail de son réalisateur, à tel point que Del Toro finira par désavouer le film. Il est vrai que Mimic est un film plutôt bancal, avec tantôt ses scènes de bravoure (des enfants y passent) et tantôt ses scènes ultra-conventionnelles (la fin, d'une facilité totalement niaise). On regrettera aussi des personnages franchement ininteressants, qui plus est campés par des acteurs hors sujets : une Mira Sorvino à l'expression ahurie, et un Jeremy Northam soporifique. Sans compter un très banal personnage de flic noir gueulard ainsi qu'un passant et son fils, une pauvre famille de cordonniers à l'inutilité certaine, censée propabablement insufler un peu d'émotion. On sent pourtant que le scénario disposait de bonnes idées, comme celle de charger les héros du statut de coupables, ou encore celle du gamin du cordonnier, limite autiste et guère impressioné par les insectes mutants (voir une certaine scène dans une église désaffectée qui fera un peu penser à L'Echine du Diable du même Del Toro), mais tout ça sera à peine effleuré. Il faut dire que l'action occupe une grande partie du film, donnant son lot de scènes déjà vues (les poursuites dans les couloirs sombres, le repos dans un endroit relativement sûr, la sortie finale au milieu des monstres, la rencontre avec le "boss de fin"...). Mais Del Toro sait tout de même y faire, arrive toujours à rester lisible tout en exploitant le côté labyrinthique de sous-terrains. Quand aux insectes eux-mêmes, ils sont très bien conçus, et très bien exploités. Ils restent souvent dans l'ombre tout en faisant sentir leur présence, activement ou non. Ils sont même dotés d'une certaine caractérisation, avec d'une part les explications scientifiques du début du film, et d'autre part les spécimens ayant évolués vers un look humain... Chose pas forcément très utile, d'ailleurs, mais qui a au moins le mérite d'aller au-delà de la simple mention verbale de l'évolution naturelle, et de rajouter de nouveaux spécimens à cette faune sous-terraine.
Maintenant, il faut tout de même bien admettre que la balance penche un peu du côté des défauts, tout de même assez plombants. Un scénario vraiment trop classique et louchant plus du côté d'Hollywood que de la série B, comme l'atteste également une photographie tout de même trop propre pour ce qui est une aventure dans les égouts et dans les stations de métro désaffectées de New York... Il ne suffit pas de faire un film sombre ni d'y placer des insectes mutants, aussi peut ragoutants soient-ils, pour faire un film glauque. Alors est-ce que Bob Weinstein est responsable de l'intégralité des reproches que l'ont peut faire au film ? Cela reste à voir, même si en effet la nullité de la fin releve bien des méthodes Miramax. Quoi qu'il en soit, Mimic, si il n'est pas nul, n'est tout de même pas bien terrible.



Loïc Blavier

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