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Million Dollar Baby. 2004.
Origine : Etats-Unis
Genre : Drame
Réalisation : Clint Eastwood
Avec : Hilary Swank, Clint Eastwood, Morgan Freeman, Jay Baruchel...


Et Dieu créa Clint Eastwood…

Je pourrais presque me contenter de dire ça dans ma critique, parce que tout est dit. Et pourtant je ne crois pas en Dieu, mais en Clint, bordel oui ! Mais mon boss ne serait pas satisfait que ma critique soit si courte, il accepte déjà mes écarts de langage, alors je vais développer, pour lui et pour vous évidemment…

Mais prévenons de suite nos lecteurs les plus fidèles, ici, il ne sera fait que l’éloge d’un des plus grands hommes du cinéma du monde, de l’univers, de tout ce que vous voulez, mais après avoir vu un film comme le sien, eh bien… tout le reste parait très fade.

Mais il est chiant ce Clint, il est chiant parce que ce type a tout ! Il est bon acteur, il a un charisme immense, et en plus de cela, c’est un metteur en scène de génie !

Passons. Passons, parce que tout ça, on le sait déjà. Parlons du film. Enfin essayons. Essayons, parce que c’est difficile d’en parler. Le résumer me paraît délicat sans trop en dire. Loin de moi l’idée d’enlever au futur spectateur une once du plaisir de découvrir la moindre scène de ce film. Mais plaçons les choses dans leur contexte. Une fille veut boxer, elle rencontre un entraîneur qui ne veut pas l’entraîner. Puis il l’entraîne. Et puis ils vont ainsi vivre une vraie passion, plus qu’une passion, une aventure humaine hors du commun. En sortant, je n’avais qu’un mot dans la bouche : wahou ! Il m’a fallu aussi retrouver mon souffle, j’avais du mal je l’avoue à retrouver mon chemin, parce que Million Dollar Baby vous touche, vous émeut, vous bouleverse, et vous fait réfléchir.

Les thèmes sont nombreux, et la boxe n’est qu’un prétexte, mais pas un hasard. Pas un hasard, parce que ce sport, noble de surcroît, est un sport de contact, violent, où on donne des coups, où on en encaisse. La métaphore de la boxe est intéressante parce qu’elle montre combien la vie, parce que c’est bien de cela que ça parle, la vie donc n’est qu’une suite de coups que l’on reçoit ou que l’on donne. Parce que la vie ne fait pas de cadeaux, et la vie des deux personnages principaux fut sinueuse. L’une a perdu son père, l’autre a perdu sa fille, malgré tout toujours vivante. Une histoire d’amour va naître, non pas une histoire d’amour classique, mais une histoire entre un père et une fille. Elle lui apporte ce qu’il aurait voulu de sa fille, elle reçoit ce qu’elle aurait voulu pouvoir avoir de son père. Et puis il y a le personnage de Morgan Freeman qui n’a pas volé son oscar lui non plus, tout comme Hilary, permettez-moi cette familiarité. Morgan Freeman, ancien boxeur et compagnon de route de Clint. Morgan Freeman est le témoin, le narrateur, mais il est aussi acteur dans cette histoire, il est un peu le protecteur de cette famille naissante, il est celui qui a du recul sur cette histoire se tramant devant ses yeux et à laquelle il cherche à donner le plus possible, avec ses faibles moyens.

Car cette histoire n’a rien en fait d’original, mais elle est sublimée par une mise en scène qui noue le drame avec une finesse qui n’a d’égal que la relation établie par Eastwood entre les héros. Le drame, car c’en est bien un, ne s’apitoie jamais sur lui-même, c’est puissant, c’est triste, et ça fait pleurer, à gros sanglots, il suffit de regarder les yeux des spectateurs qui m’accompagnaient dans la salle pour se faire une idée. Je n’ai pas pleurer, parce que… je suis un critique, et je me dois de rester objectif, et la passion ne peut pas prendre le dessus sur ma raison. Qu’est ce que je peux en dire des conneries ! Oui j’ai pas pleuré, mais mes yeux étaient tellement humides et mon nez si prêt à verser tout ce qu’il pouvait, que je n’ai pu contenir mes larmes que grâce aux deux demoiselles devant moi, mon côté macho reprenant le dessus au bon moment. Ouf !

Je ne sais pas quoi dire… J’aimerais écrire des pages entières et vanter les divers talents que l’on trouve dans cette œuvre, je pourrais aussi vous parler de la beauté d’Hilary Swank, son sourire divin qu’elle pourrait me mettre des crochets dans la gueule que j’en redemanderais ! Je pourrais vous parler de la classe et la sobriété de Morgan Freeman, tout comme celles de Clint Eastwood, je pourrais deviser sur les nombreux thèmes du film, la capacité à croire en soi, la nécessité d’aller jusqu’au bout de ce qu’on entreprend, le devoir de savoir tendre la main au bon moment, l’obligation qu’on se doit à soi-même de vivre les rares moments privilégiés qu’on est arrivé à s’offrir le plus passionnément possible, et je pourrais continuer en vous parlant du sourire d’Hilary, mais je crois que c’est déjà fait…

Mais ce film ne fait pas la morale, non, il parle des choses avec subtilité et justesse. C’est pour ça que ce film est peut-être le meilleur de Clint Eastwood, parce qu’il est juste, parce qu’il est équilibré, tout le contraire de la vie, tout le contraire de ce qu’il raconte, mais le film est bien là, le film est vivant, il existe, et il faut le voir.

Jérémie Conde

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