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Mets ta ceinture.
2000 - 2001.
Origine : Belgique
Genre : Sketchs télé / Comédie
Auteurs et interprètes :
Jean-Luc Fonck, Christian Martin et Claude Martin.


En Belgique, il n’y a pas de vaches sacrées mais certaines choses en tiennent lieu, ou presque : la bière, qu’elle soit blonde, brune ou ambrée ; les frites (fraîches, bien sûr, et servies dans un cornet !) ; la sauce qui les accompagne, variant d’une région à l’autre, mayonnaise ici, picalili là, andalouse ailleurs, etc ; le Manneken Pis, aussi petit que connu ; le carnaval ; et enfin Sttellla. C’est-à-dire essentiellement Jean-Luc Fonck, auteur, compositeur interprète de chansons à calembours bons (donc très mauvais car les mauvais jeux de mots sont souvent les meilleurs), dont les titres d’albums donnent une petite idée ("Manneken Pis not War", "The Dark Side of the Moule", le live de la tournée (et quelle tournée !) "Huy-Chimay-Sète-Maredsous-Troyes-Caen-Paris-Orange", "Fuite au prochain lavabo", etc).
S’il est loin d’être un musicien génial et un chanteur à la voix d’or, Fonck possède deux atouts majeurs : une jovialité et une bonne humeur à toute épreuve. Pour l’avoir vu sur scène, je peux dire qu’il transcende la modestie de ses synthés et de son timbre pour faire jaillir de ses mélodies et de ses textes souvent poilants une joie extrêmement communicative.
Parallèlement à cette carrière musicale et discographique, Jean-Luc, un peu comme son compatriote Geluck (et, tout comme lui, au risque de lasser par son omniprésence), s’est lancé dans l’écriture, la radio et même la télé ! C’est pour l’émission Les @llumés.be qu’il a réalisé il y a une dizaine d’années, en compagnie de deux autres joyeux drilles, les doubles Slashes (c’est-à-dire Philippe et Claude Martin), une flopée d’épisodes dits camionnettistes (car tournés dans une camionnette) et titrés Mets ta ceinture !.
Point n’est besoin de dire qu’ici il n’est pas vraiment question de pédagogie ni de prévention routière. Ce serait même plutôt le contraire puisque les acolytes (pas) anonymes jouent de la guitare dans leur véhicule, font du ping-pong en roulant, l’époussètent, s’y déguisent et y accueillent même dans un aquarium un terrible grand rouquin blanc !



« Les aventures de trois gros lourds qui hésitent entre dire des choses bêtes et dire des choses très bêtes... mais... rassurez-vous : ils n’hésiteront pas longtemps ! ». C’est ainsi présentés qu’on peut retrouver 38 épisodes de Mets ta ceinture ! dans le "Double" de Sttellla comportant un CD Best of et un DVD Best of. L’occasion de se marrer un peu en compagnie de deux puis trois comparses à l’humour peu finaud mais aux éclats de rire entraînants.
Chaque épisode ne durant qu’une minute environ (et même souvent un peu moins), on retrouve une concision proche du strip de bande dessinée. Mêmes personnages, même décor, quelques dialogues et c’est emballé, avec une chute toujours identique, Fonck disant à Christian « Mets ta ceinture, » celui-ci lui répondant « Mais j’ai ma ceinture ». Parfois réussis, parfois moins, ces sketches humoristiques font rire quand on est bien luné et d’humeur enjouée. A l’aide de quelques accessoires : masques, costumes, gants, marionnettes, feuilles, ponchos, ces trois pieds nickelés belges tiennent le pari un peu fou de la répétition et du renouvellement tout à la fois.

Qu’ils chantent (épisodes "Claudia Schiffer", "Saint-Valentin"), qu’ils se déguisent ("Les Petites abeilles", "Les Sorcières") ou qu’ils ne fassent que déblatérer en éclatant régulièrement de rire (pas mal d’épisodes), ils parviennent à créer un petit univers confiné et cohérent dans lequel leurs conneries verbales ou jouées atteignent leurs buts : amuser et divertir.
Très belges dans l’esprit et dans l’accent, quelques épisodes sortent un peu du lot : celui des ponchos où nos trois chaperons rouges tentent de faire deviner chacun un personnage différent, les parodies du Jardin extraordinaire (surtout pour ceux qui connaissent cette émission de la RTBF !), celui des masques horribles (un sketch destiné aux enfants avant de les mettre au lit !) ou celui du camouflage à l’aide de feuilles et de branches...
Le tout premier, dans lequel le duo de camionnettistes passe en chantant la frontière entre « la Belgique et l’Angleterre » (sic) pour voir si cette brève expatriation produit un quelconque changement est aussi une petite réussite : si les deux lascars n’ont rien constaté, le spectateur, lui, a vu le volant changer de côté et les paroles passer du français à l’anglais, certes approximatif ! Le genre de petit truc de mise en scène qui caractérise cette série : des petites idées assez simples, à visée comique, qui arrivent à faire rire ou sourire.



Bigbonn

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