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The Texas Chainsaw Massacre. 2003.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Marcus Nispel
Avec : Jessica Biel, R. Lee Ermey, Jonathan Tucker, Andrew Bryniarski...


Massacre à la tronçonneuse, le titre est terriblement évocateur et assez représentatif du choc que le film original a causé en son temps. D’ailleurs on peut affirmer sans trop de risque de se tromper que c’est l’un des films d’horreurs les plus célèbres au monde. Même sans l’avoir vu, tout le monde s’est fait une idée du film rien qu’a l’annonce de son titre, qui évoque le gore, la terreur, la brutalité… autant de caractéristiques revendiquées par la plupart des films d’horreurs. Pour les fans du genre, le métrage de Tobe Hooper est un excellent film, d’une rare efficacité alors qu’il est plutôt avare en effets gores. Cela est principalement dut à l’atmosphère lourde et poisseuse, ainsi qu’au coté outrancier et grotesque des personnages et des situations dans lesquelles ils se retrouvent. Encore aujourd’hui le film ne se laisse pas voir sans qu’un sentiment de malaise gagne le spectateur.



L’annonce d’un remake avait donc de quoi effrayer ces mêmes fans du genre. Surtout quand on sait qu’il est l’initiative d’un Michael Bay producteur. Qu’est-ce qu’un californien dont le seul plaisir est de faire exploser le décor de ses blockbuster venait faire dans cette histoire glauque au possible ? Toujours est-il qu’il semble s’être trouvé une nouvelle passion pour le cinéma d’horreur, et après qu’il fut un temps envisagé à la réalisation, c’est le clippeur Marcus Nispel qui a été choisi.

Ce nouveau Massacre à la tronçonneuse reprend donc l’histoire du film de 73, à savoir celle de 4 jeunes gens qui traversent le Texas en voiture, et tombent sur une famille de cannibales dégénérés dont le membre le plus fou arbore un masque de chair humaine et aime à pourchasser ses victimes une tronçonneuse à la main.
Disons le tout net, le film de Nispel est loin d’égaler l’horreur crasse diffusée par l’original. Mais le propos de cette critique n’est pas de disserter sur la nécessité d’un tel remake ni même de glorifier l’ancien Massacre à la tronçonneuse.
En effet la comparaison entre les deux films est certes inévitable, mais s’il ne parvient en aucun point à surpasser son modèle, le remake de Nispel est tout à fait fréquentable. Il faut dire aussi que le film a débarqué au cinéma en plein dans cette vague de remakes d’un intérêt parfois douteux, vague qui se continue d’ailleurs encore au grand dam des cinéphiles à l’heure où j’écris ses lignes. Cependant le film de Nispel tend à prouver que l’exercice n’est pas toujours vain, et qu’il peut parfois donner de bonnes surprises.



Au rayon des qualités de ce film on a tout d’abord une ambiance très sombre due principalement aux décors bien craspecs et glauques, ainsi qu’à une photo assez travaillée. Certains puristes râleront, arguant que les images "puent le fric et Hollywood" et déplorant le gros grain crasseux de l’original. Mais on est bien obligé d’avouer que toutes ces teintes grisâtres et très sombres dans lesquelles baigne le film font leur petit effet. Et cette ambiance noire et désespérée devient par moment presque tangible et porte le film aux frontières du fantastique (je pense notamment à ces scènes de poursuites en forêt, où les gros arbres noirs aux branches tordues semblent tout droits sortis d’un cauchemar). Autre point positif : le casting. Déjà les jeunes héros sont incarnés par des acteurs plutôt sobres, assez loin du jeu outrancier qui donne au spectateur l’envie de baffer les personnages des slashers. Ensuite les rôles des rednecks texans et de la famille meurtrière ont été donnés à toute une galerie de gueules des plus réjouissantes. R. Lee Ermey nous livre à ce propos une interprétation des plus jubilatoires du Shérif Hoyt.
La mise en scène quant à elle est des plus classiques. Certes on échappe aux effets clipesques qu’on aurait pu craindre, mais jamais la mise en scène ne transcende les images pour provoquer la peur chez le spectateur comme c’était le cas dans le film de Hooper. Et c’est finalement là le majeur défaut qu’on peut reprocher à ce remake : il n’est finalement pas effrayant. Est-ce plutôt dut à l’inexpérience du réalisateur, à l’intrigue revisitée mille fois ou au à l’absence de cette folie grand-guignolesque qui caractérisait le film original ? Sans doute un peu des trois.

Mais c’est dommage car le film reste vraiment sympathique, apportant même de belles innovations à l’intrigue. Mais le film de Hooper lui fait trop d’ombre, et ce remake aurait sans doute gagné à développer la même atmosphère sous un titre différent et à plus innover dans le scénario.



Arnaud Schilling

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