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House of wax. 2005.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Jaume Collet-Serra
Avec : Elisha Cuthbert, Chad Michael Murray, Jared Padalecki, Paris Hilton...




Six jeunes gens partent en virée pour le week-end avec l’intention d’assister à un match du championnat de football américain. Nous avons là Carly Jones, accompagnée de son petit ami Wade, et de sa meilleure amie Paige. A ces trois là s’ajoutent Blake, le petit copain de Paige, ainsi que Nick, le frère de Carly, et son pote Dalton. Ces deux derniers s’étant quelque peu incrustés, le voyage ne se déroule pas dans une ambiance de franche camaraderie. Le lendemain d’une nuit de camping dans les bois, Wade s’aperçoit que la courroie de transmission de sa voiture s’est rompue. Profitant de la gentillesse d’un gars du coin, il se rend à Ambrose, la ville la plus proche, en compagnie de Carly, alors que les autres se rendent au match comme il était convenu. Mais à partir de cet instant, plus rien ne se déroule comme prévu, et la mystérieuse ville d’Ambrose va leur révéler ses plus terribles secrets au bout d’une nuit de cauchemar.



Depuis maintenant une bonne dizaine d’années, le film d’horreur est devenu l’eldorado des jeunes acteurs issus de la télévision. On ne peut quasiment plus voir un film d’horreur se monter sans compter au moins une vedette du petit écran à son générique. Voilà un signe qui ne trompe pas, et qui indique clairement à quel public les studios s’adressent en priorité : les adolescents. La Maison de cire découle de cette volonté avec en tête d’affiche nulle autre que la fille de Jack Bauer en personne (Elisha Cuthbert, 24 heures chrono), l’un des membres de la fratrie Scott (Chad Michael Murray, Les Frères Scott), ou bien la jet setteuse adepte des émissions de télé réalité Paris Hilton. Et tout ce beau monde de se retrouver sous l’égide Dark Castle -une société de production spécialisée dans l’horreur- pour la réadaptation d’un classique du cinéma horrifique des années 50, L’Homme au masque de cire de André de Toth, qui reprenait déjà les grandes lignes du Masques de cire de Michael Curtiz.



Pour Dark Castle, il s’agit de la première incursion dans le slasher, genre tellement balisé qu’il en devient difficile de surprendre le public. Les lieux dans lesquels officient le ou les tueurs changent (hôpital, université, train, camp de vacances), alors que la recette demeure désespérément la même. L’essentiel des victimes se doit d’être jeune, en couple ou en passe de l’être, et porté sur l’alcool voire quelques joints. La majorité de la distribution se fera dézinguer sans trop de résistance tandis que le ou les survivants bénéficieront de la soudaine maladresse du tueur. La Maison de cire prolonge ces figures stéréotypées, quoique le film tente maladroitement de conférer une profondeur à ses personnages. Carly et Wade se trouvent à un tournant de leur relation : la jeune femme souhaite s’installer à New York alors que lui reste très attaché au patelin de leur enfance. Ne s’étant toujours pas décidé entre la suivre ou rester, cette virée s’apparente à une dernière sortie en couple, doublée d’un possible nouveau départ. A côté de ça, Carly doit compter avec la présence oppressante de son frère jumeau, un dur qui vient juste de sortir de prison, et qui tient rigueur à sa sœur pour n’avoir rien tenter pour le préserver de l’incarcération. Quant à sa copine Paige, elle hésite à annoncer à son petit ami qu’elle est enceinte. Ce sont toutes ces sous intrigues qui alimentent une première partie sans autre intérêt que celle de voir le réalisateur s’amuser de l’image de bimbo décervelée de Paris Hilton, nous la dévoilant taillant une bavette avec le sexe de son homme alors que celui-ci conduit. Pour le reste, il ne se passe pas grand-chose entre des conversations stériles au coin du feu et l’étalage de l’animosité entre Wade et Nick qui n’aura aucune répercussion sur la suite de l’intrigue. Jaume Collet-Serra suit gentiment sa bande de jeunes adultes, dont le but de la virée ne sert que de grossier prétexte pour les mener aux portes de Ambrose. Lorsqu’on voit le manque patent de motivation au sein du groupe -Blake excepté- on se demande si les autres n’ont pas simplement tenu à l’accompagner en guise de cadeau d’anniversaire. Sans doute que la maison de production ne souhaitait pas dépeindre des jeunes gens errer sans but à travers les Etats-Unis, et qu’il fallait donc vaille que vaille trouver une raison à leurs pérégrinations.



D’ailleurs, nos jeunes gens paraissent bien sages en comparaison de leurs homologues des années 80. Carly et Wade forment un couple tout propret, qu’aucune envie de sexe -pourtant bien légitime- ne vient titiller, contrairement à Paige et Blake, qui souhaitent tout deux s’adonner aux plaisirs de la chair malgré un scénario très prude qui les en empêche. Quant à Nick, son passif de prisonnier est contrebalancé par le fait qu’il ait plongé en lieu et place de son ami Dalton, ce qui tend à confirmer que sous des allures de caïd se cache un cœur gros comme ça. Ainsi décrits, les six amis doivent donc nous apparaître sympathiques afin que les horribles épreuves auxquelles ils vont être confrontés aient plus d’impact sur nous. Malheureusement, les choses ne sont pas si simples, et leur côté stéréotypé perdure. De ce fait, lorsque le film entre dans le vif du sujet, les personnages ressortent tous les poncifs du genre -curiosité mortelle, forte propension à vouloir se séparer- ce qui les confine à leur strict rôle de victime expiatoire. Dans leur déroulement, les meurtres font preuve d’un brin de sadisme, notamment sur la personne de Carly, et d’une orientation graphique non négligeable. La censure n’a pas trop sévi, ce qui nous permet d’assister à quelques têtes coupées et perforées, ou autres « tailladages » en règle de la part de l’un des tueurs, qui excelle dans l’art du maniement du couteau. Cela répond à la nouvelle tendance du cinéma d’horreur actuel, initiée par le succès de Saw, qui cherche à se montrer le plus impressionnant possible en ne nous cachant rien des sévices infligés aux personnages. Tout cela manque singulièrement de personnalité, et paraît trop calculé. Le cinéma américain actuel opte pour une horreur spectaculaire au détriment d’une horreur plus malsaine. Bien qu’il soit question d’individus transformés vivant en poupées de cire, cette idée ne dépasse jamais le stade du décorum. Les personnages n’ont guère le temps de s’émouvoir du sort de leurs amis car le rythme de la seconde partie, plus soutenu, ne le leur autorise pas. Il ne doit alors plus laisser souffler ni les personnages, ni les spectateurs. L’analogie avec une attraction de fête foraine a beau être galvaudée, elle cerne parfaitement la nature de ce type de film. En suivant les pas des deux derniers survivants, le réalisateur nous invite à une suite ininterrompue de péripéties riches en sensations fortes -pour peu qu’on soit encore sensible à cette vision de l’horreur-, ainsi que, cerise sur la gâteau, à la visite des coulisses de l’attraction du jour : la petite bourgade d’Ambrose. Le but est de nous scotcher à notre fauteuil et à nous en donner pour notre argent, tout en suscitant chez nous l’envie de repartir pour un tour. L'ennui est que, si l'attraction est belle ( excellent travail des équipes des effets spéciaux qui ont conféré à Ambrose une aura proche de celle de Pompéi, avec tous ces gens figés dans des postures quotidiennes), le parcours qu'elle emprunte est trop balisé, et finalement bien peu excitant.



Etrangement, c'est lorsque le cinéma d'horreur américain tend vers une violence plus explicite qu'il apparaît plus gentillet. Derrière tout film d'horreur récent, on sent poindre comme une volonté de rassurer le spectateur en trouvant à chaque fois une origine au Mal. Ici, cela se traduit par ce prologue où l'on voit les deux futurs tueurs se faire maltraiter par leurs parents. Une façon de leur trouver des circonstances atténuantes, et de leur donner une dimension tragique. Pour l'héroïne, passée une frayeur bien compréhensible, cette aventure prend un jour salutaire dans la mesure où elle lui a permis de se rabibocher avec son frère, et de couper court à tous cas de conscience concernant son petit ami. Ce dernier étant mort, elle peut dés lors s'installer à New York sans être rongée par la culpabilité. Un mal pour un bien, en somme.

Bénédict Arellano

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