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The Kiss. 1988.
Origine : Canada / Etats-Unis
Genre : Horreur / épouvante
Réalisation : Pen Densham
Avec : Joanna Pacula, Meredith Salenger, Mimi Kuzyk, Nicholas Kilbertus...




1963, au Congo belge : la jeune Felice accompagne sa tante malade dans un sanatorium. Le voyage prend rapidement une tournure autant mystérieuse qu’inattendue. Au moment de monter dans un train, une vieille congolaise s’en prend aux deux femmes, leur jetant ce qui semble être un mauvais sort. Malgré le scepticisme, voire le peu d’importance que chacun accordera à ce qui ressemble à une malédiction vaudou, il n’en demeurera pas moins qu’un baiser de sa tante au moment de se séparer changera toute sa vie.
25 années passent... Hilary a à jamais chassé sa sœur Felice de sa mémoire. Mais voici qu’un jour, sans crier gare, Felice, devenue mannequin international, annonce son retour... Les raisons de son bannissement de sa famille depuis son enfance et son séjour au Congo sont toujours restées mystérieuses. Cela n’a pas empêché Felice de faire son petit bonhomme de chemin et de devenir un mannequin côté ; à la fois jolie et jouant volontiers de ses charmes, celle-ci manifeste donc un désir subit de revoir les siens. Sa sœur Hilary, qui semble connaître son secret, la repousse puis meurt peu après, de manière autant singulière qu’horrible. Bientôt, Jack, l’époux d'Hilary, est à son tour séduit par Felice. Mais Amy, sa fille, éprouve à l'égard de la jeune femme une inexplicable répulsion. Usant de pratiques vaudoues, Felice se met alors à les persécuter. Sa cible principale reste Amy. Le temps est venu de l'initier au rite terrifiant du baiser...

The Kiss est un tout petit film d’horreur basé sur un script très élémentaire pour ne pas dire simpliste, puisqu’il repose, une nouvelle fois, sur le concept d’une sorcellerie rudimentaire transmise à travers une famille via des pouvoirs supra normaux qui seront mis en pratique à l’écran pour tenter d’arracher la peur du spectateur.
Autant dire qu’à ce niveau, s’il n’est pas déplaisant et s’il lorgne parfois vers l’humour un tant soit peu involontaire, le film de Pen Densham n’est pas une grande réussite.
Finalement, on nous ressert ici la recette déjà un brin faisandée à l’époque et qui fit jadis le succès, par exemple et pour le plus probant, d’une Malédiction, le film solide de Richard Donner, puis l’on tente de l’agrémenter ou de l’épicer de sa petite touche personnelle, en l’occurrence ici par l’argument de la femme fatale. Difficile par définition de résister à la femme fatale, aussi, par extension, difficile de résister à son baiser, quand bien même maléfique et porteur des germes d’une malédiction satanique toute féline ! Un film qui à sa manière, peut malgré tout se targuer (et en spéculant beaucoup) d’être annonciateur d’un Teeth, puisque plus que jamais dans The Kiss, il conviendra de faire attention au minou ! N’y voyez là aucun mauvais jeu de mot, mais sans trop en dire, l’on sait comment les malédictions vaudoues peuvent transformer leurs missionnaires (rien à voir avec la position non plus !) en des êtres parfois animaliers et dangereux. Enfin, pour rassurer le jeune public et les familles, dévoilons tout de même que ledit minou se prendra un râteau (comme quoi séduire n’est pas toujours facile et comme quoi, la femme ne dispose pas forcément, qu’on se le dise !) avant de finir grillé dans un lampadaire.



Le connaisseur alerté par la présence du talentueux Chris Wallace au générique, en charge des maquillages très spéciaux, restera lui aussi sur le carreau. Autant dire que son travail ici, sans doute pour cause de restrictions budgétaires, en est réduit à sa plus simple expression. Exit les effets spectaculaires d’un Scanners ou encore d’un Gremlins ! Idem pour Dick Smith également présent ici, dont le travail est loin d’égaler celui effectué sur L’Exorciste ou bien encore The Stepford Wives. Cela n’empêchera pourtant pas The Kiss d’être sélectionné au festival d’Avoriaz, de s’avérer être un fiasco, avant de tomber ensuite plus ou moins dans les oubliettes puis de ressurgir en VHS et en DVD.
Cette petite série B n’en méritait pourtant pas tant puisque deux choses principalement viennent en rehausser le niveau. Tout d’abord une atmosphère plutôt bien distillée, qui malgré une certaine confusion dans la conduite du récit, fait que l’on ne décroche pas malgré une première heure assez plate. Certes, The Kiss se contente de compiler ce que l’on a déjà vu moult fois, à savoir, des histoires d’adolescents anecdotiques, quelques personnages surgissant de nulle part et présents uniquement pour faire monter la sauce en venant rajouter une futile scène de pseudo frayeur, quelques meurtres brutaux tendant également à entretenir la tension (mention spéciale à la scène de l’escalator, bien que peu crédible), une dernière demi-heure qui élève le rythme et se montre plutôt efficace, le tout pimenté d’un soupçon d’érotisme bon chic bon genre.
Ensuite, si les personnages n’ont pas une consistance énorme, ils sont toutefois campés de manière tout à fait honorable par l’ensemble d’un casting au sein duquel on ne manquera pas de citer l’incontournable Joanna Pacula ; celle-ci apporte la touche de sorcellerie et d’érotisme sans laquelle tout ceci serait resté très faible. Pas étonnant donc, de par sa forte et féline présence à l’écran, qu’on la retrouvera régulièrement ensuite dans quelques productions horrifiques (Body Puzzle, Warlock II, Virus).
Mentionnons également l’apparition de Shawn Levy qui tournait ici son second film après Zombie Nightmare (1986) et avant de devenir le réalisateur de La nuit au musée 1, 2, 3 etc...

Bref, si The Kiss propose un menu peu original, il n’en demeure pas moins plaisant à certains endroits et se révèle surtout assez prenant dans sa dernière partie. Difficile toutefois de se montrer trop indulgent avec une pellicule faite au brushing et parfois peignée avec ce genre de dialogues involontairement drôles :
- «Tu ne peux pas tuer ce qui est déjà mort !
- Je vais quand même tenter ma chance, sale pute !
»
Sans compter la façon in extremis dont certains personnages s’en sortent pour, une fois de plus, ne pas départir du sentier mille fois battu ainsi que d’offrir un happy end de circonstance...
Pas de doute, si le spectacle n’est pas déshonorant, on aurait tout de même aimé un film plus hirsute, ébouriffant et même plus miaou.



Gilles Vannier

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