critiques


réalisateurs


acteurs


thèmes


origines



King of California. 2007.
Origine : Etats-Unis
Genre : Comédie dramatique
Réalisation : Mike Cahill
Avec : Michael Douglas, Evan Rachel Wood, Willis Burks II, Laura Kachergus...


Charlie est maniaco-depressif. Sa fille, Miranda, même pas majeure, vit toute seule dans la maison de ses parents, travaillant dans un McDonald's pour survivre. Alors que Charlie sort d’un asile psychatrique après quelques années de traitement, Miranda doit réapprendre à vivre avec cet homme excentrique et complètement immature.
Sans le sou, après avoir passé son existence à se chercher, profondément marqué par le départ de sa femme (et mère de Miranda), Charlie cherche à combler sa vie à travers des passions et des rêves irréalistes. Après le rêve de monter un groupe de jazz à succès, dans lequel Charlie réussissait à s’évader de son quotidien et d’autant plus de sa maladie, Charlie sombre dans la depression lorsque le projet s'écrase. Avec cette maladie, Charlie s’éloigne de sa fille. Miranda se voit alors obligée de quitter l’école et de se prendre en main pour survivre, pendant que son père qu’elle appelle Charlie et non papa, se fait soigner.
Charlie finit par sortir, et a de nouveaux projets. Il veut retrouver un trésor. En effet, pendant sa convalescence, il a passé son temps à éplucher les livres sur la vie d’un espagnol ayant traversé l’Amérique avec un trésor rempli de pièces d’or qui se trouverait en Californie.

Mike Cahill raconte l’histoire d’un homme en marge de la société, malade, et qui cherche à trouver son bonheur à travers ses rêves. Plutôt égoïste de nature, Charlie va pourtant vouloir partager son rêve avec sa fille qu’il a délaissée complètement. Leur duo familial est renversé. La fille est la face mature quand le père est encore un enfant rêvant à un trésor perdu.
Mike Cahill réalise là son premier film et le scénarise par la même occasion.
King of California est une production indépendante soutenue par Alexander Payne, producteur pour l’occasion et réalisateur des excellents Monsieur Schmidt et Sideways. Cette indépendance donne toute liberté à un film tragicomique, complètement décalé, mené par un duo d’acteurs formidables. La très belle et surtout excellente actrice, Evan Rachel Wood, joue là une jeune fille obligée de grandir plus vite en raison de l’absence de sa mère et de son père. Forte, elle l’est en façade. Elle ne désire que retrouver un père qui s’est enfermé dans une maladie qui le contrôle et qui le lance dans une quête d’un trésor qui n’existe sans doute pas. Pourtant, elle fera le choix de le suivre, d’essayer de mieux comprendre ce père inconnu, rongé par son passé et perdu dans des rêves absurdes qui pourtant lui permettent de rester à flot.
Michael Douglas campe là un homme complètement déluré. Chacune des scènes qu’il joue prête à sourire sinon à rire. Il réussit là une interprétation exceptionnelle, chose assez rare pour la signaler. Bon acteur, mais pas exceptionnel, Douglas sait se sublimer dans certains de ses rôles. Wonder Boys, Wall Street, Basic Instinct sont là quelques exemples des bonnes prestations du fils de Spartacus. Peut-être que le cinéma attendait plus de lui, mais Douglas m’apparaît comme un acteur moyen qui sait pourtant devenir très grand parfois. Dans King of California, il l’est. Drôle et émouvant, excentrique et déluré, il réussit à nous faire partager le rêve de son personnage, en quête d’un trésor qui n’existe peut-être pas.

Mais Mike Cahill n’offre pas qu’un seul niveau de lecture à son film. Le trésor n’est qu’un prétexte. Ce film s’avère être une œuvre humaniste où l’homme est au centre d’une histoire mettant en scène deux personnages en marge d’une société qui se veut de plus en plus individualiste. Là, le duo se forme au file des minutes, comme pour mieux vivre et partager un rêve inaccessible.
Inaccessible ? Peut-être pas tant que ça. Mike Cahill nous offre quelques surprises dans ce film léger, intelligent, drôle et émouvant. Douglas fait rire rien qu’avec sa coupe de cheveux et se réconcilie avec un public qui le trouvait peut-être un peu fade.

Si la réalisation n’a rien de très originale, elle reste au service de ses acteurs sur lesquels tient toute cette histoire. Mike Cahill signe là un film très personnel mettant en avant un monde où rêver est devenu un luxe.
Un bon petit film sympathique à regarder, un très bon moment à passer.

Jérémie Conde

Textes et images © Association Tortillapolis. Tous droits réservés.