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The Karate Kid. 1984.
Origine : Etats-Unis
Genre : Drame familial et sportif
Réalisation : John G. Avildsen
Avec : Ralph Macchio, Pat Morita, Elisabeth Shue, Martin Kove...


Karaté Kid premier du nom raconte l’histoire d’un adolescent (Daniel Larusso interprété par Ralph Macchio) qui vient s’installer en Californie car sa mère veuve y a trouvé du travail. De famille modeste, Daniel, petit brun, doit faire face dans son nouveau lycée aux blonds californiens friqués qui lui mènent la vie dur en le passant à tabac. Il rencontrera alors un vieil homme japonais qui s’occupe de ses bonsaïs et qui va se prendre d’affection pour ce jeune garçon dont la famille a du mal à joindre les deux bouts. S’ensuit une histoire d’amitié où Monsieur Miyagi (joué par Pat Morita) va enseigner le karaté au jeune homme pour qu’il puisse se défendre.

Mais attention ! Ne voyez pas là un vulgaire film où un maître apprend à son disciple à se battre pour qu’il puisse se venger de l’affront qu’il a subi. Non, ce n’est pas un film de Van Damme, c’est bien au-delà d’une simple histoire, c’est un hymne au karaté, un art martial qui jusqu’alors n’était connu du public occidental que comme une façon spécifique de se battre tel un Bruce Lee ou un Chuck Norris, bref, rien d’extra.
John G. Avildsen n’a pas eu une grande carrière à la réalisation. Mais deux films sortent néanmoins de sa filmographie, le premier, non des moindres, s’intitule Rocky pour lequel il eut l’Oscar du meilleur réalisateur. Comme Stallone a voulu par la suite réaliser les Rocky, Avildsen est allé voir ailleurs ce qu’il pourrait faire (cependant, il réalisa Rocky V qui fut un véritable fiasco). Ainsi, on lui présente le projet Karaté Kid, et il voit là l’opportunité de refaire le coup de Rocky. C’est à dire que, plutôt que faire un vulgaire film de baston, il va se servir de thèmes forts pour développer ses personnages et nous montrer une autre facette du karaté. Fini donc les héros affûtés indestructibles qui se battent sans arrêt. Non, cette fois, le film prend le parti de faire découvrir au spectateur quelque chose de nouveau, l’essence même du karaté, art martial par excellence.

C’est Pat Morita qui va incarner les racines du karaté, c’est à dire avant tout un art martial qui sert à se défendre si nécessaire, mais qui est aussi une façon de vivre, une philosophie de vie. Ainsi, le film va se borner à montrer deux aspects de cet art. Celui qui vise à devenir fort pour écraser les autres, ou celui qui vise à trouver l’équilibre nécessaire de la vie. Ainsi, le spectateur découvre autre chose, une autre facette de cet art que les films des années 70, popularisés par Bruce Lee, avaient fait oublier : le karaté n’est pas une arme, c’est un art.
De plus, le film ne va pas se focaliser que sur cela. Comme pour Rocky, il va développer plusieurs thèmes forts, importants, universels.
La solitude en premier lieu, créée par le rejet des autres. L’amour aussi, l’amour d’un adolescent pour une jeune fille d’un autre monde (en effet, Daniel tombe amoureux d’Ali, jouée par la superbe Elizabeth Shue, qui est une gosse de riche). Et puis l’amitié aussi qui est au centre de l’histoire. L’amitié d’un vieil homme seul qui a perdu femme et enfant, et d’un adolescent sans amis dont le père est mort. Au-delà de l’amitié, c’est aussi une vraie relation père/fils qui se développe, avec une renaissance des deux personnages à travers l’un et l’autre. C’est une très belle histoire exploitée de manière très simple et très légère et sans grosses ficelles, sans jamais appuyer sur un quelconque côté larmoyant, c’est très juste dans le ton et c’est un des points forts du film.
Karaté Kid est pour beaucoup un film culte. Au-delà de l’histoire qui n’a rien de révolutionnaire, Avildsen nous refait le coup de Rocky en nous concoctant un entraînement atypique. Quand Rocky boxe des carcasses de bœufs pour s’entraîner, Daniel doit laver des voitures, doit peindre des mûrs… A cela, il faut rajouter les superbes images sur les divers plans d’eaux (océan et lac) et le travail de l’équilibre qui est le centre du film et de l’esprit karaté.
Alors bien sûr, Daniel devra affronter son tortionnaire, celui qui ne cesse de le battre au lycée, mais l’affrontement bien qu’inévitable ne tourne pas à la vendetta personnelle et reste dans l’esprit du film. L’équilibre est à la base de tout, ensuite il faut savoir se surpasser.

C’est à n’en pas douter un film très agréable à regarder, léger, parfois drôle, parfois émouvant, mais toujours très juste. C’est un beau film, une belle histoire. Il mérite son rang de film culte par son originalité.

Jérémie Conde

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