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Unforgiven. 1992.
Origine : Etats-Unis
Genre : Western
Réalisation : Clint Eastwood
Avec : Clint Eastwood, Gene Hackman, Morgan Freeman, Richard Harris...




William Munny est un ancien bandit renommé. Mais il a pris sa retraite depuis 10 ans, et depuis lors il s'est consacré à sa famille, à ses deux enfants ainsi que sa femme récemment disparue. C'est à ce moment là, alors que la situation de Munny est de plus en plus précaire, qu'un jeune chasseur de prime vient le trouver et lui demande son aide pour tenter de venger une prostituée qui a été défigurée par un cow-boy ivre. Mais Munny a perdu l'habitude de ce travail et est devenu un vieil homme, un perdant. Pourtant, pour des raisons financières, il va accepter la mission, et pour l'occasion il va proposer à son ancien partenaire, Ned, de se joindre à lui et au jeune chasseur de prime, Kid Schofield.



Nous sommes là en présence du western ultime. Celui qu'il sera longtemps impossible de surpasser. Même le pourtant très bon Open Range de Costner est loin du compte. Impitoyable est le western ultime puisqu'il met un point final, trente ans après, aux westerns de Sergio Leone, et principalement aux trois avec Clint Eastwood. En effet, comment ne pas voir dans le personnage de Munney la personnification de ce que fut Eastwood dans le films de Leone, à savoir l'Homme Sans Nom ? Mais ici, il a un nom. Il a acquit une position familiale et sociale. Il s'est assagit. Ce n'est plus un homme violent et laconique comme il fut autre fois. Clint s'attaque ici au mythe du personnage de western qu'il a lui-même contribué à créé et qu'il a prolongé dans des films tels que Pale Rider ou L'Homme des Hautes Plaines. Pourtant si les apparences du personnage ont changées, le fond, lui, est resté. On peut le deviner dors et déjà lorsque l'on voit que Munny, notre ex homme sans nom, vit à part de la société, dans un coin reculé. En solitaire. D'ailleurs si ce n'est sa famille, il n'a pas grand monde autour de lui. Il ne reste en réalité que sa famille pour lui rappeler son passé. Et la venue du Kid et les évenements qui vont suivre ne relatent rien d'autre que la progressive remontée d'un passé que Munny croyait définitivement enterré. Munny va d'ailleurs être le seul des trois "vengeurs" à s'afficher comme un vrai dur. Ned va être rebuté et dans l'impossibilité de tuer de nouveau. Quand au Kid, il tue, certes, mais à quel prix : il en sera détruit. Munny lui, comme à la belle époque, est mû par l'alcool pour laisser parler sa violence. Il se remet à boire (ce qu'il avait arrêté) au moment des choses sérieuses, qui ne sont pas les meurtres des cow-boys, comme prévu au départ. D'ailleurs ces cow-boys sont totalement dépassés, Clint ne s'attarde pas sur eux. Ce sont juste des produits de la société. Une société dont les valeurs s'effritent. A l'image de ce shérif pourri, le véritable bad boy du film. Les parias (les ex-bandits reclus, les prostituées) deviennent ainsi les personnages positifs, tandis que ceux qui incarnent et défendent soit-disant les valeurs traditionnelles (le shériff, les cow-boys) sont les personnages pourris. Ainsi donc, puisque la société est dans l'incapacité de se diriger convenablement elle-même, ce sont les hors-la-loi comme Clint et son ami Ned qui vont se faire les défenseurs du bon sens. Quitte à replonger dans la violence. Car après tout, ce sont encore des bandits, même si ils se sont assagis. Ils savent désormais leurs erreurs, et ils peuvent se corriger. Mais leur méthodes restent les même. Du moins pour Munny, qui est comme on l'a vu le seul à récupérer ses moyens d'autrefois.
Des moyens qu'il récupère au vue des injustices de la société qu'il avait quittée. Et qui vont aboutir à une scène finale magistrale, le climax du film, et l'apothèose d'une époque du western belle et bien finie, dont Impitoyable constitue le crépuscule, à l'image du dernier plan du film, nous dévoilant sur fond de coucher de soleil la propriété que Munny a abandonné à son tour, où l'on ressent véritablement la mort rôder à tout les niveaux...
Un film qui outre ses thématiques et sa réalisation impeccables, fait office de tournant dans l'histoire du western, et même dans la carrière de ce génie de Clint. Mettant un point final aux westerns d'antant, sans humour, avec un sentiment de mélancolie et de décadence sociale (les brutes et les truands ont pris le contrôle de la société civile et politique), Clint ressort l'homme sans nom de sa retraite pas dorée pour effacer toutes les traces corrompues du far west "antique". Laissant le champ libre à une nouvelle génération de (anti-) héros... et probablement à des nouveaux bandits. Grand.



Loïc Blavier

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