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House IV. 1992.
Origine : Etats-Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : Lewis Abernathy
Avec : Terri Treas, William Katt, Scott Burkholder, Denny Dillon...


House IV est doublement nul : il est nul qualitativement parlant, et il est nul autre que House III. Pourquoi l'appeler House IV, alors ? Et bien parce que pour une raison saugrenue, les distributeurs de Horror Show (Jim Isaac, 1989) sortirent leur film, n'ayant rien à voir avec la saga créée par le producteur Sean S. Cunningham et le réalisateur Steve Miner en 1986, sous le titre House III. Sean Cunnigham cautionna lui-même la chose, puisqu'il fut le producteur de Horror Show. Ne cherchons pas à comprendre et regardons plutôt ce qu'il y a de neuf dans la fameuse House, dont les derniers occupants avaient connu des aventures plutôt rocambolesques ouvertement comiques.



Vous souvenez-vous de Roger Cobb ? C'était le personnage principal du premier film. Il revient ici prendre possession de la maison afin d'y vivre avec sa femme et sa fille. Mais il meurt dans un accident de voiture, tandis que son épouse s'en sort indemne et que sa fille reste paralysée. Toutes deux décident d'investir malgré tout le fameux manoir, nonobstant que celui-ci soit désormais isolé en plein milieu du désert (alors que les deux premiers films le plaçait dans un contexte de banlieue américaine classique), et nonobstant qu'il soit à l'état de ruine. Et comme de part hasard, il se révelera hanté, cette fois par Roger lui-même. Le frère de celui-ci ne fera rien qu'à faire empirer les choses, puisqu'il cherche à faire dégager sa belle-famille fissa, afin que la mafia pour laquelle il bosse puisse s'approprier le terrain.

Rien de bien neuf, donc, et l'on a droit aux habituels clichés du film de maison hantée, avec apparition dans les miroirs, bruits bizarres, et, surtout, de façon très insistante, les éviers faisant couler du sang. L'histoire est ridiculissime, et on se prendra même à penser que le beau-frère mafieux se montre bien plus intelligent que les deux héroïnes en disant que pour une fille handicapée, habiter au milieu du désert dans une maison délabrée dotée d'un étage sans ascenceur n'est peut-être pas une très bonne idée. Mais la femme de feu Roger Cobb n'en a cure : elle est têtue, elle reste. Elle a avec elle une femme de ménage dont elle n'a même pas réclamé la présence, mais qu'elle ne congédie pas, on ne sait trop pourquoi. On se dit qu'il y a donc quelque chose de louche avec cette femme de ménage, et la fin nous expliquera pourquoi. Entre temps, on pense donc à la gouvernante de La Malédiction. Ce ne sera pas le seul film à se voir cité par Lewis Abernathy (dont il s'agit de l'unique réalisation), puisque les Poltergeist y auront droit à travers la présence d'un indien mystique et que Amityville sera lui aussi évoqué à travers l'origine maléfique des lieux (en fait la House a été construite là où il ne faut pas, sur un puits de l'au-delà). Freddy sera lui aussi évoqué à travers des scènes de cauchemars effectivement cauchemardesques à force d'être conçues n'importe comment. Mais tout ça ne saurait nous aplanir le scénario, toujours complètement pourri : Roger hante donc les lieux, d'accord, mais pourquoi diable se montre-t-il si méchant avec sa famille ? On se le demandera à jamais, puisqu'on apprendra dans la seconde partie que c'est après son frère qu'il en a, et qu'il cherche à éviter à sa femme et à sa fille d'avoir à partir. Admirez le joli trou dans le scénario, qui part dès lors dans la direction du film de gangsters et de drame familial dans la seconde partie. Le tout dans une tonalité comique qui ne se dément jamais, le paroxysme étant peut-être cette scène où le visage de Roger apparaît au milieu d'une pizza, ou encore celle où deux hommes de main de la "mafia" (dirigée par un nain complexé) font les mariolles en tentant d'effrayer la fille Cobb dans son fauteuil. Tout ça est aussi consternant qu'ennuyeux, et la maison, qui dans les deux films précédant était assez belle et bien photographiée, est ici laide et laissée à l'abandon (certaines pièces sont rénovées, d'autres, comme le hall d'entrée, ne le sont pas). L'intérieur ne semble pas non plus être le même que dans les films de Steve Miner et de Ethan Wiley.

La conclusion est assez rude : House IV ne vaut strictement rien. Abernathy a tenté d'imiter le film de Steve Miner en mélangeant humour, frayeurs et même une pointe de mélodrame convenu vers la fin, mais le film reste désespérément débile et moche. Et dire qu'ils s'y sont mis à six (dont Jim Wynorksi) pour pondre l'histoire de cette séquelle...



Loïc Blavier

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