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Hellraiser : Hellseeker. 2002.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Rick Bota
Avec : Dean Winters, Ashley Laurence, Doug Bradley, Rachel Hayward...


Après que les fans aient hurlé au scandale à cause de la quasi absence de leur chouchou Pinhead dans le précédent film qui se démarquait nettement de la « mythologie Hellraiser », il semblait logique que l’épisode suivant de cette saga déclinante répare cette « erreur ».
Le film commence donc d’emblée par faire revenir le personnage de Kirsty Cotten histoire de bien marquer la filiation avec les premiers Hellraiser, et de montrer que cette fois-ci, finit la rigolade, on va faire un vrai Hellraiser. On retrouve donc une Kirsty adulte et mariée. Alors que le couple roule vers une destination inconnue du spectateur, le mari de Kirsty perd bêtement le contrôle de sa voiture, cette dernière se hâtant de faire trempette dans le ruisseau le plus proche. Comme prévu, la ceinture de sécurité de Kirsty est bloquée. Mais finalement elle parvient quand même à se dégager, pour s’apercevoir que la portière est aussi bloquée. C’est vraiment pas de chance quand même, y’a des jours on ferait mieux de rester couchés.
Bref Kirsty meurt (c’était bien la peine de la faire revenir pour ça tiens), le mari est le seul survivant, va à l’hôpital, a des maux de têtes, des hallucinations, Pinhead et ses potes débarquent, ils lui expliquent qu’en fait c’est rien qu’un salaud qui a voulu tuer sa femme, qu’il va aller en enfer, mais qu‘il faut pas s'en faire parce que la souffrance c‘est super cool. Générique de fin.



Ce n’est donc pas ce pitoyable Hellraiser: Hellseeker qui va empêcher la saga de continuer sa descente vertigineuse vers les abîmes de la nullité cinématographique. Au contraire il va même un peu accélérer la chute. Le film fait dans le racolage en plus d’être raté. En effet, si l’intrigue est parsemée de flashbacks lourdingues nous montrant la belle Ashley Lawrence dans le rôle de Kirsty c’est bien pour pouvoir mettre son nom en premier sur l’affiche et ainsi appâter la fan des premiers Hellraiser. Mais que celui-ci ne s’y trompe pas, Hellseeker a plus à voir avec son prédécesseur à la triste réputation qu’avec n’importe quel autre film de la série. En fait, c’est quasiment le remake de l’épisode précédent ! Tout y est, le héros salaud qui voit son quotidien rendu infernal par des hallucinations, l’ambiance reprise à Seven, le montage clipesque… L’intrigue thrilleresque est ici de retour, avec son lot d’apparitions mystérieuses et son esthétique fantastico-lourdingue. Les clins d’œil appuyés à la « mythologie Hellraiser » sont idiots, les nouveaux cénobites qui accompagnent Pinhead sont ridicules, et le maître des enfers lui même manque de charisme. Ses apparitions sont certes plus nombreuses, mais leur impact n’en est pas renforcé pour autant. Le scénario est, comme pour le précédent, complètement bâclé, la narration passe à côté des enjeux de l’intrigue et nous noie sous les explications superflues. Le pseudo twist final en perd tout son intérêt. Sans parler de cet abus flagrant de poncifs empruntés a quelques précédentes réussites du genre (comme le brillant Carnival of souls ou l’excellente Échelle de Jacob). Le film nous ressort le coup de la descente aux enfers peuplée de cauchemars d’un personnage principal mort depuis le début. S’enchaînent ainsi les scènes oniriques où démons hideux et vieillards incontinents se croisent dans la bonne humeur, essayant vainement d’arracher un cri d’effroi aux spectateurs. Le film est par ailleurs plutôt avare en scènes gores, et si l’on excepte une douloureuse opération du cerveau plutôt bien réalisée, les effets spéciaux sont assez pitoyables et tous virtuels. D’ailleurs le tout est très laid de manière générale. L’abus des filtres colorés et d’éclairages bleutés ne parvient pas à masquer le manque flagrant de savoir faire de Rick Bota. Hellseeker est un film raté, qui brasse du vent durant une heure et demie qui semblera très longue aux spectateurs.



Arnaud Schilling

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