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Freddy Vs. Jason. 2003.
Origine : Etats-Unis
Genre : Enterrement de croquemitaines
Réalisation : Ronny Yu
Avec : Robert Englund, Ken Kirzinger, Monica Keena, Kelly Rowland...


Le film s'ouvre sur Freddy Krueger, en direct de l'Enfer. Il s'adresse ouvertement au public, à son public, pour lui expliquer les raisons de sa si longue absence (8 ans, quand même!).
Freddy souffre d'un patent manque de reconnaissance de la part des adolescents habitants Elm street. Ils ne croient plus en lui, et, par conséquent, Freddy se trouve dans l'incapacité d'hanter leurs rêves, puisque, pour se faire, il nous apprend que ceux-ci doivent le craindre. Bien embêté par cette situation inédite, notre croquemitaine en pull rayé est contraint de se triturer les méninges pour trouver une solution à son problème. Il la trouve en la personne de Jason Voorhees dont il va hanter les rêves pour l'inciter à reprendre du service en son nom.
Ca va de nouveau saigner à Elm Street !



N'étant pas un inconditionnel des deux "séries", c'est avec circonspection que j'ai appréhendé le fameux duel.
Avant que les deux têtes d'affiche ne s'affrontent de visu, Ronny Yu s'attache d'abord à confronter leur deux univers.
En tant que "bras vengeur", c'est à Jason qu'incombe le déclenchement des hostilités. Après avoir quitté Crystal Lake, sa terre d'adoption, il s'en va instiller la peur au sein de la jeunesse d'Elm street. Il s'invite à une petite soirée entre amis et tue l'un des convives, meurtre qui ouvre la brèche au souvenir longtemps refoulé de Freddy Krueger par les habitants du quartier. Ce dernier demeure encore trop faible et doit se contenter de simples effets à la The Mask pour effrayer les adolescents dans leur sommeil.
Il fait donc encore appel à Jason qui, entièrement dévoué à son "maître", accomplit sa tâche avec application. Trop même, puisqu'il en vient à voler les victimes sous le nez de Freddy lors d'une séquence parfaitement représentative des méthodes de chacun. Lorsque l'un, Freddy, palabre durant des heures et affectionne tout particulièrement jouer au chat et à la souris avec ses proies, l'autre, Jason, tue le plus sobrement possible.



La première partie du film nous montre un Jason Voorhees s'en donnant à coeur joie dans le massacre d'adolescents, un Jason tout feu tout flamme qui s'offre même une petite virée dans une rave party. Pendant ce temps, Freddy ronge son frein en attendant des jours meilleurs. Mais qu'on ne s'y trompe pas, c'est bel et bien Freddy Krueger / Robert Englund la vedette du film. Davantage que Jason, dont le dixième épisode de ses aventures a plutôt bien marché. Freddy souhaite quand à lui renouer avec le succès, à défaut d'avec le prestige d'antan. C'est donc avec un plaisir non dissimulé qu'il manipule son rival de toujours et qu'il constate que, malgré tous les efforts déployés par le tueur de Crystal Lake, c'est de lui que les gens ont peur.
Car c'est ce qui ressort du film de Ronny Yu. Jason ne suscite plus qu'un vague effroi lorsque Freddy provoque une véritable psychose. Tant et si bien que les habitants de Elm street ont usé de multiples subterfuges pour que leurs enfants effacent son nom de leur mémoire, quitte à les droguer.
Jason a beau avoir trucidé bon nombre de leurs camarades sous leurs yeux, Lori et ses amis persistent à ne voir en Jason que l'unique moyen pour mettre un terme aux agissements de Freddy. Ils n'hésitent pas à venir en aide à Jason lorsque celui-ci est chahuté dans ses rêves par Freddy afin de ramener ce dernier dans le monde réel. Le combat tant attendu peu enfin commencer.
Un combat qui débute sur fond de hard rock et durant lequel les deux figures majeures du cinéma horrifique des 80's se rendent coup pour coup, jusqu'à l'overdose.
Ce "versus" est franchement indigeste. Les quelques séquences oniriques qui parsèment le film font preuve d'un manque flagrant d'originalité (on nous ressort les gamines en robe blanche faisant de la corde à sauter) et Lori et ses amis sont omniprésents. Même lors de l'affrontement entre les deux boogeymen, ils trouvent encore le moyen de ramener leur fraise.
Mais le pire dans tout ça, reste encore le clin d'oeil final adressé aux spectateurs et qui est annonciateur d'une suite. La saga Freddy compte sept épisodes, celle de Jason, dix. Combien en faudra-t-il pour narrer leur lutte sans merci ?



Bénédict Arellano

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