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Flesh Eater. 1988.
Origine : Etats-Unis
Genre : Horreur
Réalisation : S. William Hinzman
Avec : S. William Hinzman, John Mowod, Leslie Ann Wick, Kevin Kindlin...


Une soirée d'Halloween organisée dans une forêt lugubre par un groupe d'étudiants va devenir le théâtre d'une série de meurtres particulièrement brutaux. Ignorant la légende sanglante qui plane sur ces lieux, les fêtards deviennent bientôt les victimes d'une horde de morts-vivants bien décidés à profiter de cette livraison inopinée de chair humaine.



Certes il est vrai, à priori, de visu, le casting n’interpellera personne et pourtant...
Chacun se souvient du préambule au sein du cimetière dans La Nuit des mort-vivants avec le très taquin « Ils sont venus te chercher Barbara ! », puis cet homme à l’allure déguingandée s’avançant lentement vers nos protagoniste pour se révéler être le premier zombie du film. Celui par qui la morsure arrive !
Un zombie en fait très actif puisqu’il s’agit d’un fidèle collaborateur de George Romero, du reste, assistant metteur en scène sur ledit classique, et qui continuera en tant que chef opérateur et acteur sur les films suivants du gros George (Season of the Witch, La Nuit des fous vivants).
C’est homme, l’un des plus (justement) méconnus de l’histoire du cinématographe n’est autre que S. William Hinzman qui décide en 1988 de tourner ce qu’on peut considérer comme le premier remake de La Nuit des mort-vivants, le bien nommé Flesh Eater qui comme son titre l’indique n’a rien avoir avec un pamphlet sur la mal bouffe alter mondialiste avec zombies génétiquement modifiés, mais surfe bel et bien 20 ans après sur le succès de Romero avec dirons-nous les moyens du bord.
On notera pour l’anecdote que Flesh Eater n’est pas le premier film de Hinzman qui tenta une carrière de réalisateur dès 1986 avec The Majorettes, un slasher sans majorettes malgré son titre, et avec comme scénariste John Russo, qui n’est autre que le scénariste de La Nuit des mort-vivants… Vous avez dit suite dans les idées ?

Et bien on peut même parler de blocage vu la qualité du film, il est vrai doté d’un budget dérisoire et tourné avec l’aide de comédiens régionaux qui finalement font à peu près tout le charme de cette production désuète aux dialogues savoureusement débiles et à la mise en scène pour le moins zombifiée avec un non rythme qui ne se démentira jamais de la première à la dernière minute (si l’on y parvient à arriver à la fin ce qui n’est pas gagné d’avance !). En effet on a le sentiment diffus que les plans d’une même scène ont été tournés à des périodes très différentes, avec des coupes de cheveux variables d'une minute à l'autre, et parfois même des acteurs filmés en champ contre-champ qui ne semblent même pas s’être croisés sur le tournage.
Les raccords sonores et photographiques vont de paire ce qui achève de donner au film une dimension « cheap » louable mais qui il faut bien le dire ne fonctionne quasiment jamais.
Alors soit, Hinzman élude l’aspect ecologico-social du film de Romero, mais pas pour rentrer de suite dans le vif du sujet ou bien encore insuffler rythme à son film, simplement pour éviter un procès de la part des détenteurs des droits de l’original pourtant alors encore dans le domaine public, comprenne qui pourra…Bref pour résumer, ici, l’apparition des zombies sera le fait d’une sorcellerie à peine expliquée et vite éludée.



C’est bien là la lisière qui subsistera toujours entre la série B louable et sans calcul, et l’approximation Z trop proche du remplissage de pellicule, et c’est ici semble t-il trop souvent le cas, avec cette production indépendante plutôt moribonde incapable pour tout dire de donner le moindre signe de vie à ses mort-vivants de pacotille. De fait, on s’ennuie et le plaisir qu’on pourra tirer d’un tel cardiogramme plat sera annexe. Il serait à mon sens vraiment hautain d’y voir une œuvre réjouissante parce que les dialogues y sont d’une crétinerie sans limite à coup de « Qu’est-ce qui se passe ? » ou de « C’est pas possible ?! » et c’est plutôt vers une répétitivité assez peu pertinente et peu amusante à la longue vers laquelle nous emmène ce Flesh Eater dont la vision n’enrichira ni la culture ni l’âme. Seul bon point à relever, des effets spéciaux généreux ce qui sous-entend beaucoup de scènes gores pas trop mal fichues, mais il sera difficile de pousser l’analyse plus loin tant la mollesse prédomine ici. On pourra même aisément déserter la séance à mi-parcours (en comptant large) tant tout ceci (nous sommes tout de même en 1988 !) a des allures de déjà mille fois vu. D’ailleurs Hinzman se contentera tout du long de Flesh Eater de reprendre les grandes formes de l’original, avec notamment les jeunes qui finiront par se barricader dans une cabane. Bref, on finira par se poser des questions sur les raisons d’un tel projet.
Est-ce pour tenter un coup financier à pas de frais ? Est-ce un hommage sincère mais fauché au maestro ? Malheureusement c’est surtout un peu n’importe quoi et au final j’aurai pour ma part tendance à le rapprocher ni plus ni moins d’une production Troma très moyenne, et donc vous l’aurez compris, d’un assez mauvais film dont on peut aisément se dispenser. Il n’y a définitivement plus grand-chose ici à manger sur le zombie, et le film avec sa maigre contribution au genre ne donne pas faim en ce même genre, ce qui me paraît encore un peu plus condamnable. Bof.

Gilles Vannier

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