critiques


réalisateurs


acteurs


thèmes


origines



Agent 69 Jensen i Skorpionens tegn. 1977.
Origine : Danemark
Genre :
Réalisation : Werner Hedman
Avec : Ole Soltoft, Paul Bundgaard, Soren Stromberg, Anna Bergman...


"Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark", disait Hamlet en cassant ses œufs. En tout cas, ce n'est pas son cinéma porno, pourrait-on lui répondre, en se caressant les œufs justement (et autre chose aussi). Et tandis que le cinéma français nous sortait des films aux titres aussi finauds que leur contenu, comme L'Antiquaire à la chatte trempée, Je te suce, tu me suces ou la vie d'un bordel de province, Couilles en feu, J'te défonce et sans vaseline, Ouvre ton cul, salope ! ou encore le primesautier Partenaires vicieux équipés double dimension demandent grosses salopes, la société Happy Films produisait le long-métrage sympathique, dans la forme comme dans le fond (et même dans le fondement), de Werner Hedman, sobrement intitulé Les Filles du scorpion. Bref, la classe avec et sans culottes, le vrai chic danois, des pieds à la tête, en passant par le slibard (région scandinave assez touffue, parfois humide, toujours accueillante, même si, c'est vrai, elle sent parfois un peu la pisse...)



Bon, je mentirai en donnant sa médaille de X chic au film en me basant uniquement sur ce titre, puisque l'original mentionnait plutôt un Agent 69 déjà plus évocateur de ce qu'on allait voir mais aussi du ton employé, la parodie d'un James Bond (ou en tout cas d'un film d'espionnage). D'ailleurs, tant qu'on en est aux titres, la vérité m'oblige à dire que le film en connut plusieurs et qu'il fut distribué en France en 1978 (le 26 juillet précisément) sous l'affiche: A nous les belles Danoises ! (probable tentative de surf sur le titre grand public à succès, A nous les petites Anglaises ! sorti 2 ans plus tôt), mais aussi, le 1er mai 1985, retitré en La Grande baise (à ne pas confondre avec son homonyme de Frédéric Lansac sorti en 1977, ni même avec La Grande giclée, qui n'a rien à voir, pas plus que La Grande enfilade, La Grande levrette ou La Grande partouze).

Bref, si les filles du scorpion aiment à se dévêtir, elles ne le font pas pour n'importe qui mais d'abord pour le Scorpion lui-même, espion adipeux du camp des méchants, mais aussi pour l'agent 69 dont le penchant pour les voyages au bout du string a déjà provoqué quelques remous dans les services secrets. Finalement, ce que nous propose Werner Hedman, c'est un peu un James Bond où le héros charmeur et désinvolte ne se contenterait plus de séduire les plus jolies femmes pour aller les sauter hors-champ mais le ferait au vu et au su de tous. Amusant d'ailleurs de voir comme James Bond a pu inspiré des réalisateurs en tous genres, et notamment dans le X (on doit par exemple un James Bande 00 sexe à Michel Baudricourt tandis que James H. Lewis nous offrait un James Band 069, agent secret pour obsédées sexuelles, suivi un peu plus tard d'un James Band(e) 069 décharge dans tous les trous qui voyait le héros de sa majesté s'affronter au professeur... Craignos !)

Allez, soyons franc, on est très loin de James Bond avec Les Filles du scorpion, par contre, on n'est pas très loin d'une réussite totale dans le mix cul / humour / histoire qui se tient. Car elle est là la magie danoise, dans cette alchimie qui parvient à faire surjouer des personnages qui cabotinent sans cesse (avec Ole Soltoft, on n'est pas vraiment dans la mesure et la sobriété) au milieu (et / ou avec) d'autres qui se donnent avec fougue et une belle énergie. Vitalité et joie de vivre semblent les maîtres mots de cette sarabande où l'on bande dur mais sans tomber dans l'excès. Lorsqu'une jeune femme mise en appétit engloutit un sexe, on n'a pas l'impression qu'elle se brosse les dents avec un manche de pioche, comme c'est trop souvent le cas actuellement, on a juste l'impression qu'elle suce une queue, ce qu'on souhaitait d'ailleurs lui voir faire, avouons-le. Avec Les Filles du scorpion, fellation rime avec passion, délectation et qu'une croupe s'offre et il se trouvera toujours quelqu'un pour aller l'honorer.



Le plus étonnant finalement vient peut-être aussi de ce que l'histoire, pour ténue qu'elle soit (un microfilm au contenu explosif est planqué dans un petit pain et recherché par diverses factions), se tient toujours et se suit sans trop d'encombres et sans ennui. Les scènes X ne sont pas légion dans la première partie et restent relativement calmes (tout en étant X ou érotiques quand même, hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, on n'est pas chez Rohmer où l'on bande au moindre effleurement du Genou de Claire !), elles s'épicent et se multiplient dans la seconde partie, lorsque tous les protagonistes se retrouvent dans une grande demeure, théâtre de course-poursuites et de quiproquos presque vaudevillesques et de quelques beaux accouplements, notamment avec le mystérieux Sheik Obec qui sait utiliser ses gardes du corps pour une partie de jambes en l'air où les jambes sont vraiment en l'air! Il est à noter d'ailleurs que l'acteur choisi pour donner tout son charme au Sheik est un... Français ! André Chazel pour être précis, vu également dans Les Dames de Copenhague, autre film d'Hedman. Enfin, cerise sur le gâteau, la distribution nous offre l'occasion de retrouver l'immense acteur du Sinful Dwarf, Torben Bille lui-même, qui joue ici les hommes de main en kimono offrant à l'agent secret Jensen l'occasion de se ridiculiser ou de le ridiculiser.

Des femmes habillées dont le Scorpion arrache constamment les vêtements, des séquences de baise où même l'humour est présent, des personnages et des situations plutôt comiques (même si ce n'est jamais très subtil, il faut bien le reconnaître), de très belles filles et une réalisation plus que correcte, au final tout concourt à faire de ce film sympathique un porno à posséder comme une maîtresse inassouvie !



Bigbonn

Textes et images © Association Tortillapolis. Tous droits réservés.