
| 6/07/2008 - 8/01/2009 |
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On emménage !
Ca y
est, les sites Tortilla sont désormais regroupés sous un
nom de domaine. En soit, cela ne représente pas de grands
bouleversements pour la visite des sites. Tout juste peut-on signaler
que certains rédacteurs ont décidé d'abandonner
l'écriture sous pseudonyme, obsolète puisque les
dirigeants de l'association (donc les rédacteurs en question)
sont nommés sur le portail Tortillapolis.
Le transfert d'un hébergeur a l'autre n'a pas posé de problème particulier, mais il reste cela dit quelques petits trucs à régler. Des broutilles. Si par un malencontreux hasard vous tombez à pieds joints dans une erreur (par exemple un lien qui n'aurait pas été correctement renouvellé), n'hésitez pas à nous en faire part ! Maintenant, avant de continuer le travail, je tiens à remercier Gregore, webmaster du site Psychovision.net, pour ses conseils techniques. Qui n'empêchent pas quelques erreurs d'affichage en cours de résolution, d'ailleurs. |
| 19/04/2008 - 30/06/2008 |
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Supplique pour le retour de la VHS,
réquisitoire contre le DVD Entendons-nous bien : il n'est pas question de remettre en cause la qualité technique du support DVD, qui avec sa plus grande capacité de stockage permet en outre d'offrir des choses appréciables, telles que des commentaires audio, des courts-métrages ou autres bonus... Parfois, tout au moins. Car la grande limite du DVD réside dans la politique éditoriale d'une grande majorité de ses distributeurs, franchement douteuse. Passons sur les bonus d'ordre promotionnels, puisqu'après tout personne ne nous oblige à les regarder, que les VHS n'en disposaient même pas et que les prix des éditions "collectors" regorgeant de bonus se sont démocratisés. En revanche, le passage de la VHS au DVD a laissé sur le carreau d'innombrables films, qui il y a fort à parier ne seront jamais ré-édités. Le propre de la très grande majorité de ces films est qu'ils sont inconnus au bataillon du grand public, même celui dit "cinéphile". Or, puisqu'on ne les connait pas, on ne peut pas regretter leur non-sortie. Certaines maisons d'édition DVD (Bach Films, Neo, Le Chat qui fume pour ne citer que celles-là) prennent malgré tout des risques et sortent des films qui auraient été condamnés à l'oubli. Mais à elles seules elles ne pourront recréer l'immense parc VHS (qui lui aussi avait laissé des films de côté) et il demeurera toujours des films perdus. Ou une œuvre existe en DVD, ou elle n'existe pas. Se plonger dans des cartons de VHS équivaudrait presque à se rendre au cimetière, puisqu'on y trouve (parfois dans un sale état) tout ce qu'on ne trouvera pas dans les magasins. En revanche, à l'ère du DVD, si l'on ne trouve qu'une masse infime de films, on les trouve parfois en 5 exemplaires avec montages différents, bonus différents, remasterisation différente ! Pour ma part, si l'on considère que l'on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre, je préférerais encore disposer du plus de films possible même dans des éditions très louches (un peu comme ce que fait le distributeur Prism et ses immondes copies, qui ont au moins le mérite de permettre de voir des films méconnus) que d'avoir 10 versions de Blade Runner. Hélas, le "cinéphile" s'embourgeoise, et il préfère désormais voir peu de films mais dans des conditions optimales. Le format d'origine ne doit pas être transgressé de 2 centimètres, sans quoi il entrera dans une colère noire ! Tout cela est bien beau, mais la logique du "cinéphile" ne voudrait-elle pas d'abord qu'un film inédit en DVD soit distribué, plutôt que de se pignoler sur la énième version d'un standard qui de toute façon ressortira dans le format vidéo suivant (Blue Ray, et son successeur programmé, le HVD) ? |
| 2/02/2008 - 18/04/2008 |
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La France de pendant
"Il est impossible de faire du cinéma d'horreur en France !"
Combien de fois cette phrase fut-elle prononcée depuis une dizaine
d'années... Pointés du doigt, les films arts-et-essais intimistes ainsi
que leur exact opposé, les grosses comédies bourrées de stars issues du
monde de la télévision. Si l'on peut se permettre de ne pas en vouloir
aux films désignés sous le label "auteur", qui après tout ne sont pas
déstinés à ratisser large, les véhicules aux Djamel, Eric et Ramzy,
Michael Youn, Gad Elmaleh et compagnie tendent à bouffer tout le gateau
du cinéma populaire français à eux seuls. Et pourtant, le cinéma
d'horreur (et même de "genre"), autrefois systématiquement méprisé par
les distributeurs, est ressorti de l'anonymat. Le chaleureux accueil
réservé par exemple aux films de la franchise Saw en
est l'exemple le plus flagrant. Pourtant, monter de tels films, en
France, demeure très problématique. Les habitudes ont la peau dure, et
les producteurs semblent généralement partir de l'idée que l'horreur
est un genre réservé aux anglo-saxons. De fait, ils ne trouvent rien de
mieux à faire que de lancer en grandes pompes un troisième Astérix.
La sécurité est maximale : les noms sont connus, la recette aussi, et
la promotion excessive envahit notre quotidien. Malgré tout, flairant
un possible succès, quelques producteurs se hasardent sur les
territoires interdits, confiant des films à des jeunes pousses ne
jurant que par Massacre à la Tronçonneuse, La Colline a des Yeux
et autres films des années 70. Quoiqu'encore loin d'atteindre la
productivité de nos voisins italiens (qui formaient la plus valeureuse
alternative à l'Amérique il y a 30 ans), ces excursions dans l'horreur
sont de plus en plus nombreuses. Sur le fond, il y a de quoi se
réjouir. Et pourtant, le cinéma d'horreur à la française peine à
décoller. Aucune franche réussite n'est venue dynamiser le mouvement.
La faute à quoi ? Toujours à la frilosité des producteurs, peut-on
penser. Certes. Ce ne sont pas les postulants réalisateurs qui
manquent, ici bas, et il y aurait de quoi assurer bon nombre de films.
Mais tentons de voir au-delà de cette vision réductrice. A force
d'émigrer aux Etats-Unis, les quelques privilégiés ayant eu
l'opportunité de s'illustrer au pays de Molière (les Alexandre Aja,
Eric Valette, Alexandre Bustillo, Julien Maury etc...) semblent
indiquer que cette génération de "geeks" "fanboys" et autres
appelations à la mode a tendence à oublier les beaux objectifs de
revitalisation du genre en France qui leurs étaient attribués. Plutôt
que de continuer à se battre comme le firent certains des modèles
auxquels se référent ces jeunes pousses, il est si facile de partir là
où on est le bienvenu, là où le syndrôme Tarantino (ressucées à gogo
d'influences "geek") assure une place au soleil à quiconque affiche un
minimum de promesses. En attendant, aucune locomotive commerciale ne
vient épauler ceux qui restent au pays. Luc Besson reste donc la tête
de proue du cinéma de genre à la française, qui se traîne de Taxi en Hitman... et qui continue à éviter de faire de l'horreur.
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| 13/10/2007 - 01/02/2008 |
| Les globules rouges : dons de la nature ou infiltration CGT ? Un sujet d'une actualité brûlante, puisque ces lignes sont écrites en réaction de la critique de Planète Terreur
par Caixão, qui déplore à juste titre que le film
de Robert Rodriguez ne cherche à retenir du cinéma bis
horrifique que l'aspect sanglant, qui avouons-le n'est qu'une des
nombreuses constituantes de la contestation cinématographique
des années 70. L'oeuvre de Rodriguez s'inscrit en fait dans la
véritable mode du moment : l'hommage aux films de cette
décennie 70, qui pullulent actuellement dans le cinéma
d'horreur, mettant essentiellement en avant un généreux
cota de gore soit-disant malsain. Ce qui nous amène à
nous poser la question de la signification du gore dans l'industrie
cinématographique actuelle, ainsi que dans l'appréciation
que semble en faire le public, voire la critique.
Désormais, est considéré comme "contestataire", "provocateur" ou "rock'n'roll", tout ce qui prend des formes gores ou énérvées. Mais ces débordements sont devenus un commerce rentable depuis 20 ans. Ce qu'oublient les grands défenseurs de ce genre soit disant décrié qu'est le cinéma d'horreur, c'est que dans les années 70, le gore bousculait les convenances des studios et des spectateurs, et qu'il a finalement obtenu gain de cause pour s'imposer (avec l'aide non négligeable du marché de la VHS). La contestation était alors formelle (repousser la censure) et s'ornait également souvent d'un contenu politique marqué. Aujourd'hui, le contenu politique du cinéma d'horreur s'est réduit à peau de chagrin, et le gore en est arrivé à un point difficilement dépassable. Continuer à en abuser n'est pas de la contestation, c'est au contraire s'inscrire dans une mode commerciale que les médias, pas cons, continuent à faire passer comme incorrecte pour flatter l'égo de petits ado goreux prêts à déverser leur pécule dans des éditions DVD-HD DVD-Blue Ray Uncut-Unrated-Director's Cut-Ultimate Edition qui leur donnent l'impression d'être "des malades dont les achats scandalisent les vieux cons réacs lol yeah".
Une
vision bien adolescente de la provocation. Qu'une large part de la
critique ne soit pas spécialement enthousiaste devant un film
"gore", certes, mais n'oublions pas que ce gore aujourd'hui ne choque
plus grand monde et qu'un éditeur comme Uncut peut se permettre
d'exister sans soucis. Dès lors, que représente le gore ?
Tout au plus inspire-t-il le dédain. Bien naïf sera celui
qui croiera choquer le bon bourgeois en lui exhibant son DVD du dernier
Ittenbach. Le gore n'est plus un genre contestaire vis-à-vis
d'une société rétrograde : c'est devenu un
marché comme un autre, tout comme le rock'n'roll s'est
muté en industrie. Le gore naïf de la Hammer et le
rock'n'roll des années 50 apparaissent respectivement
aujourd'hui comme bien sages, au vu de l'évolution en mode
"toujours-plus" que le cinéma et la musique ont connus. Mais
leurs portées contestataires n'étaient pas uniquement
dûes à leurs formes "sauvages" : c'était aussi des
revendications politiques. Ce que l'on a aujourd'hui tendance à
oublier, pensant qu'accentuer l'extrêmisme formel est un acte de
provocation engagé.
N'oublions pas que l'une des principales forces de la société de consommation est la récupération des modes, contestaires ou non, digérées et recrachées au visage des revendicateurs devenus clients malgré eux. |