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Dirty Dancing. 1987.
Origine : Etats-Unis
Genre : Comédie légère avec des gens qui dansent
Réalisation : Emile Ardolino
Avec : Patrick Swayze, Jennifer Grey, Jerry Orbach, Cynthia Rhodes...


Années 60. Bébé, une jeune fille idéaliste, rêve de refaire le monde et surtout de le sauver. Elle part en vacances avec sa sœur, sa mère et son père médecin dans un camp pour familles aisées au beau milieu de l’Oregon. Sur place, diverses activités sont proposées aux vacanciers, et parmi celles-ci, des cours de danse donnés par un couple d’amis. Ils sont beaux, dansent bien, mais ils sont pauvres, bien sûr, ce ne sont que des saisonniers. Bébé va tomber amoureuse de Johnny, le professeur de danse rebelle, qui bouge son corps à faire craquer toutes les midinettes du monde entier. Penny, l’amie d’enfance et partenaire de danse de Johnny, tombe enceinte et ne veut pas garder l’enfant. Elle décide de se faire avorter, mais ça se passe mal, le docteur qui lui pratique l’avortement la charcute au possible. Bébé fait alors appel à son père docteur. Ce dernier déteste Johnny parce que c’est un jeune sans avenir et que sa fille lui plait. Comme Penny est mal en point, il manque un partenaire de danse à Johnny. Bébé se propose, sauf qu’elle ne sait pas du tout danser. Alors Johnny lui apprend, et voilà qu’une histoire d’amour débute entre les deux héros.

Film considéré comme culte par une bonne tripotée de nanas folles amoureuses de Patrick Swayze, Dirty Dancing souffre de sa réputation. Ce n’est en rien un bon film. L’histoire nous balance des clichés à travers le visage pendant une heure et demi, avec les gentils pauvres d’un côté qui veulent s’en sortir mais que la vie n'aide pas à s’élever, et de l’autre côté, des méchants riches qui détestent ces pauvres qui sont sûrement des voleurs et qui couchent avec toutes les filles qui passent. Bien sûr, Dirty Dancing montrera que la réalité est différente, qu’il y a aussi des méchants pauvres et des gentils riches...
Que dire de plus ? C’est qu’il n’y a pas grand chose à dire sur ce film, hélas. On pourrait saluer les performances des acteurs, mais là n’est pas le point fort du film. Heureusement, ils dansent bien, c’est sans doute pour cela qu’ils ont été recrutés, pas vraiment pour leurs talents de comédiens. Certaines scènes sont limites surjouées, et le doublage français n’aide pas à enlever cette impression.
Reste quand même un univers musical intéressant. Les vieux morceaux utilisés sont tous des classiques, Otis Redding a la part belle et ça fait du bien. Seuls les morceaux plus contemporains restent relativement mauvais, même si l’Académie des Oscars a réussi à leur filer celui de la meilleure chanson originale, et franchement, ils ont raison de faire du cinéma et non de la musique ces types là !
Autre point positif, les scènes de danse. Oui, ils dansent bien, on ne peut pas dire le contraire ! Je n’y connais pas grand chose, mais c’est plutôt agréable à regarder quand même. Le couple incarné par Swayze et Jennifer Grey fonctionne bien, on se prend d’affection pour ce couple que tout sépare, l’âge d’abord, le milieu social, l’avenir aussi, mais l’amour fait son bonhomme de chemin, c’est plutôt un des bons points du film, la gestion de leur histoire, même si ça reste niais. Ce qu’il faut donc garder à l’esprit, c’est que ce film s’adresse à un public plutôt féminin, et plutôt jeune. La première vision est limite ennuyeuse, une fois qu’on connaît la fin, je ne sais pas ce qui peut pousser quelqu’un à vouloir le revoir, sinon les scènes de danse. Il y a aussi de belles images, il faut le dire, le lieu de tournage, dans l’Oregon, est tout simplement magnifique, au milieu des montagnes, à côté d’un lac, c’est plutôt bien exploité.
En ce qui concerne les thèmes traités, les rapports difficiles entre les générations (le papa qui ne veut pas que sa fille sorte avec un minable), mais aussi entre les différents milieux sociaux sont développés assez maladroitement, tout comme celui de l’avortement qui s’avère nullement être un enjeu dramatique, et pourtant, quand on sait combien l’avortement est un sujet épineux aux Etats-Unis, l' absence d’intensité est telle qu’on finit par s’en foutre. Bien sûr, n’est pas Bergman qui veut, sur le sujet de l’avortement, il faut mieux voir l’excellent Ville Portuaire.
Bref, c’est dommage, car il y avait de la matière. Reste que le film se veut à tout prix une histoire d’amour sur fond de danse, pour ceux qui apprécient, ils seront servis, c’est plutôt réussi. Pour ceux qui se foutent de la danse, passez votre chemin. A noter que ce film propulsa Patrick Swayze au sommet de la gloire hollywoodienne.

Jérémie Conde

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