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Dick Tracy. 1990.
Origine : Etats-Unis
Genre : Polar
Réalisation : Warren Beatty
Avec : Warren Beatty, Al Pacino, Madonna, Charlie Korsmo...


Célèbre personnage de bande dessinée créé par Chester Gould dans les années 30, Dick Tracy incarne le détective sans peur et sans reproche attaqué par une foule de méchants. Le comics est considéré par beaucoup comme le premier à mettre véritablement en scène des intrigues policières, même s’il était avant tout focalisé sur l’action pure et simple.
Dick Tracy a déjà fait l’objet d’une adaptation en 1937 (Dick Tracy, de Alan James et Ray Taylor) avec Ralph Byrd dans le rôle titre. Ce premier film n’engendra pas moins de six suites, dont notamment Dick Tracy Meets Gruesome (de John Rawlins, 1947) dans lequel notre inspecteur se retrouve face à un méchant incarné par Boris Karloff.
Une série télévisée et des films d’animations reprendront également le héros de Gould.
Mais le personnage tomba un peu dans l’oubli avant d’être ressuscité par Warren Beatty en 1990.
Le film de Beatty met Dick Tracy face à Big Boy Caprice, un caïd de la pègre qui crée une organisation rassemblant tous les gangsters de la ville, mais aussi à un mystérieux tueur masqué, ainsi qu’au facétieux Kid, qu’il essaie de tirer de la délinquance et d’éduquer…

Fidèle au comics, Beatty multiplie les méchants, mais conserve un scénario simple et direct, qui privilégie l’action et les péripéties. Ce nombre impressionnant d’ennemis permettra toutefois à tout un casting de gueules de cabotiner et de livrer d’excellentes prestations. On retrouve ainsi Madonna, William Forsythe, Dustin Hoffman et surtout un Al Pacino génial et méconnaissable sous le maquillage de Big Boy Caprice. Car les méchants du film sont autant de gueules cassées aux sourcils tombants, à la mâchoire proéminente, au nez énormes… A l’instar du comics dont il s’inspire, le film pousse le manichéisme très loin, les méchants sont affublés d’une sale gueule tandis que les qualités morales des gentils sont représentées par leur visage agréable.
Ensuite, si certains se plaindront de la relative pauvreté du scénario et de son classicisme, il n’en reste pas moins que le rythme est soutenu et que le film enchaîne fusillades, courses poursuites et coups tordus.
Mais là où tout le talent de Beatty réside, c'est d’avoir fait de ce qui aurait pu être juste un polar simpliste une œuvre expérimentale et visionnaire. En effet le réalisateur ne se contente pas d’adapter l’histoire et l’univers de la bande dessinée à l’écran, mais il en transpose également la forme. Film-bd par excellence, Dick Tracy regorge de cadrages simples et figés, évitant au maximum les mouvements de caméra, pour tout de suite évoquer les cases de la bande dessinée. Il reprend également les exagérations propres à cet art, décuplant la force ou l’agilité des personnages. A ce titre cette scène où Tracy passe à tabac un vieux gangster, faisant trembler toute la cabane dans laquelle ils se situent, est particulièrement représentative de ces exagérations. Ensuite et surtout l’utilisation remarquable de couleurs simples dote le film d’une atmosphère unique et fabuleuse. Dick Tracy est bien plus qu’un film, c’est une véritable bd colorée qui s’anime devant nos yeux.

Un film unique et original réussi en tous points !

Arnaud Schilling

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