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De la part des copains. 1970.
Origine : France / Italie / Etats-Unis
Genre : Thriller / Policier / Action
Réalisation : Terence Young
Avec : Charles Bronson, Liv Ullmann, James Mason, Jill Ireland...


Ancien truand, Joe Moran mène à présent une existence rangée avec sa femme. Il possède un bateau et une maison sur la côte d’azur et est apprécié de tout le monde. Mais voilà que ses anciens complices sortis de prison réapparaissent dans sa vie, menaçant de bouleverser son existence tranquille. Pris au piège du chantage il est contraint de les aider...

S’il œuvre principalement dans le roman fantastique et de science fiction, Richard Matheson n’a pas pour autant jamais touché aux autres genres. Comme en témoigne ce De la part des copains (Ride the Nightmare - 1960) qui s’inscrit dans un registre plus réaliste. Cependant Matheson y insuffle quand même ce rythme toujours soutenu et maîtrisé qui caractérise ses romans.
Le scénario est rédigé entre autres par Albert Simonin d’après le roman de Matheson. Simonin, c’est l’auteur de Touchez pas au grisbi ! et de Le cave se rebiffe. Un grand nom du polar français des années 50. Il n’est donc pas étonnant de le savoir derrière ce scénario qui brasse tous les archétypes du genre : De la part des copains c’est finalement l'histoire d’un homme d’une cinquantaine d’années, respectable, bien établi et apprécié de ses concitoyens. Et voilà que son passé débarque et vient chambouler cette vie. Et dans le film, le personnage de Joe ne lutte pas tant pour protéger sa femme et sa fille menacées par les truands, mais pour retrouver le mode de vie qu’il a choisi et s’affranchir définitivement de son passé de bandit.

De la part des copains est un polar des seventies tout ce qu’il y a de plus classique, et pas seulement par son scénario. C’est un pur film de divertissement, centré autour du personnage incarné par Charles Bronson, acteur de film d’action par excellence à l’époque. Il suffit de le voir, en parfaite condition physique alors qu’il va sur ses 50 ans, pour s’en convaincre. Bronson est un de ses acteurs typiques du cinéma d’action américain de cette époque, un athlète avant d’être un acteur pourrait-on dire : l’ancien mineur et vétéran de la seconde guerre mondiale est capable de courir, de sauter, de monter à cheval, de tirer, de lancer un couteau...
L’action se déroule sur la côte d’azur, la localité propre à faire rêver le public américain. Aussi le paysage est filmé sous un angle touristique et purement utilitaire : les petites routes tortueuses font d’excellents lieux de tournage pour les courses poursuites et les landes désertes servent aux fusillades (comme le désert dans le Western). La réalisation est confiée à Terence Young (l’auteur, rappelons le, des deux premiers James Bond, déjà riches en péripéties) et il nous offre, comme on pouvait s’y attendre, du grand spectacle, riche en rebondissements et en suspense.

Car si De la part des copains est un film finalement peu original de par son intrigue et son casting centré sur Bronson, sa mise en scène très efficace le rend tout à fait recommandable. En effet le film remplit totalement son rôle, et pas un instant le spectateur ne s’ennuie. Le film démarre au quart de tour après une scène d’exposition très courte nous présentant les personnages. Tout de suite on est plongés dans l’action avec l’arrivée d’un visiteur nocturne faisant suite à d’inquiétants coups de téléphones. En quelques plans Terence Young crée immédiatement une tension palpable : L’ombre de l’inconnu se profile sur les rideaux, le visage angoissé de la femme de Joe, le silence dehors… Et par la suite le rythme ne baissera jamais, et le réalisateur alternera très habilement entre les scènes d’actions énergiques, et des scènes de suspense très tendues. Le film atteint son sommet lors d’une scène de course poursuite particulièrement longue et intense. L’impression de vitesse est superbement bien rendue et les enjeux que soulève le scénario rendent la scène encore plus palpitante.

Bref, De la part des copains est un pur produit de son époque : un film policier au scénario certes classique mais bien ficelé, regorgeant de scènes d’actions parfaitement exécutées par un Charles Bronson alors au sommet de sa forme.

Arnaud Schilling

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