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Candy. 1968.
Origine : Etats-Unis
Genre : Psychédélique
Réalisation : Christian Marquand
Avec : Ewa Aulin, Charles Aznavour, Marlon Brando, Ringo Starr...


Œuvre foutraque et psychédélique tout à fait dans le goût du cinéma de l’ère Flower Power, Candy nous conte l’histoire d’une jolie lycéenne ingénue qui décide un beau jour de partir en quête d’illumination spirituelle. Mais ce périple initiatique réservera bien des surprises...
Cette histoire vaguement inspirée par le Candide de Voltaire est à l’origine un roman sulfureux signé Mason Hoffenberg. Et c’est rien de moins que Terry Southern (scénariste du futur Easy Rider) qui en tire un scénario pour le cinéma. La mise en scène de cette folle histoire est confiée à l’acteur français Christian Marquand (vu dans Et Dieu créa la femme aux cotés de Brigitte Bardot). Ce dernier s’engage alors dans un tournage aussi fou que son film. Il pioche dans son agenda et appelle toutes les stars avec lesquelles il est ami. La plupart acceptent sans même connaître l’histoire du film. C’est ainsi que Richard Burton, Marlon Brando, le Beatles Ringo Starr, James Coburn, Charles Aznavour, John Huston et même le boxeur Sugar Ray Robinson se retrouvent entraînés dans un tournage de deux semaines à peine. Et durant ce laps de temps très court, à Christian Marquand de jongler entre les différents emplois du temps surchargés des stars.



Evidemment dans de telles conditions, le résultat ne pouvait qu’être décousu. Candy se résume donc à une succession de scénettes truculentes et succulentes où se côtoient humour grivois et vague critique de l’Amérique des sixties.
Du coté de la critique on retiendra surtout une charge contre les parents, la police ou encore les intellectuels… Bref rien d’original d’autant que l’ensemble de ces critiques paraît plutôt mou et convenu. On est très loin du brûlot irrévérencieux. Quant au scénario, il ne sert que de vague prétexte à quelques scènes d’érotisme soft et suivra une trame invariable et répétitive. Mais ce qui fait le charme du film n’est pas son scénario, mais cette ambiance libertaire et déjantée qui l’imprègne. Plus conçu comme un trip au LSD qu’un film, Candy se fout complètement de sa narration plate et de son absence totale d’enjeux dramatiques. Le film se contente de nous montrer toute cette brochette de stars dans des rôles plus loufoques les uns que les autres (Ringo Starr joue un jardinier attardé, libidineux et zapatiste, Brando incarne un gourou new-age vivant dans un camion, Aznavour se retrouve dans la peau d’un clochard bossu, pervers et marchant au plafond…) qui n’ont d’autres buts que de forniquer avec la petite Candy. Cette dernière, l’archétype de la jolie blonde parfaitement stupide, ne comprendra jamais ce qui lui arrive au cours de ces aventures où chaque pervers chasse l’autre. Notons que les acteurs qui ont répondu à l’appel de Marquand ont par la suite été tentés de renier le film. Marlon Brando surtout, l’acteur étant peu satisfait de l’image de charlatan vicieux que lui avait donné le film.
Les scènes les plus folles s’enchaînent alors sans temps morts et sur fond de Steppenwolf. Et le spectateur se demande constamment quel virage prendra l’aventure de la jolie Candy. L’héroïne traversera ainsi des décors de plus en plus chamarrés et rencontrera des personnages toujours plus fous. Citons cette incroyable scène d’opération que le chirurgien joué par James Coburn transforme en véritable corrida !



Au final Candy se révèle tout de même être un film assez creux devant lequel certains spectateurs risquent fort de trouver le temps long. Du reste, son atmosphère de délire constant aux couleurs psychédéliques fait de cet étrange morceau de pellicule une œuvre très sympathique qui ravira les nostalgiques des années 60.

Arnaud Schilling

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