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Blood, the last vampire. 2000.
Origine : Japon
Genre : Fantastique
Réalisation : Hiroyuki Kitakubo
Avec les voix de Youki Kudoh, Saemi Nakamura, Joe Romersa, Rebecca Forstadt...


Après la seconde guerre mondiale, au Japon, près d’une base militaire américaine, Saya, une jeune fille dotée de pouvoirs surhumains et travaillant pour les forces US, affronte au sabre des démons qualifiés de chiroptères ou de chiroptériens. Ces derniers, capables de prendre apparence humaine, se sont infiltrés parmi la population et notamment parmi les élèves du Yokota High School, le lycée de la base. Saya s’y rend pour démasquer ces créatures qui se nourrissent de sang humain...

On n’en saura pas beaucoup plus sur l’origine de ces monstres capables de se métamorphoser en frêles jeunes filles ou en tenancières de café avant de sortir les crocs et de prendre une allure beaucoup plus bestiale et sauvage puis de s’attaquer à l’un ou l’autre humain... L’origine précise de Saya et sa condition resteront également assez floues, même si l’un des membres des services secrets en parle comme de la dernière « authentique » - « original » dans la VO (une VO alternant l’anglais et le japonais, selon la nationalité des personnages à l’écran) et si l’une des dernières images lui attribue la condition de vampire, déjà donnée par le titre...



Les auteurs de Blood n’ont, par ailleurs, pas creusé plus avant le sillon devant nous mener à une compréhension totale du récit, laissant des zones d’ombres assez épaisses, un brouillard narratif parfois un peu frustrant et faisant commencer le film directement dans l’action, au cœur d’une rame de métro lancée à pleine vitesse. Ce choix d’un récit comme tronqué, élagué de tout détail superflu, de toutes précisions sur la nature profonde des personnages et leurs motivations, rejoint un autre choix majeur, celui de mêler des images animées de façon classique à des images de synthèse, de mélanger 2D et 3D, pour obtenir un résultat visuellement différent de ce que l’on pouvait voir il y a 10 ans. L’aspect visuel est celui sur lequel l’accent a été mis, au détriment de l’histoire, pourrait-on dire. Pour autant, celle-ci fonctionne quand même. En « oubliant » de tout expliquer, de tout baliser et de tout argumenter, elle laisse libre cours à l’imaginaire du spectateur, à sa capacité, ou non, à entrer dans un univers relativement incomplet.



Certains resteront à la porte, décontenancés par la brièveté du film (50 minutes environ, dont au moins 7 de générique de fin, preuve, s’il en était besoin, du nombre de participants à ce projet) et un peu hébétés, à l’image de l’infirmière boulotte et catholique du lycée qui ne comprend pas ce qui arrive à certaines de ses élèves. D’autres, et c’est mon cas, se laisseront rapidement prendre au piège de cet univers visuellement réussi (même si les personnages animés de façon classique ont parfois une démarche un peu raide), qui prend toute son ampleur dans les scènes d’action, très nombreuses, qui le guident à coup de sabres ou de dents vers une fin pleine de brio. Le monde de Saya est noir et la mort y rôde de façon impitoyable. La lutte engagée contre les chiroptériens est un combat à mort, nécessairement sanglant et toujours sans pitié, même si non dénué d’une certaine empathie de la part de la jeune sabreuse vis-à-vis de ses adversaires vaincus.



Très bien réalisé par Hiroyuki Kitakubo (déjà auteur du bon Roujin-Z mais qui, depuis Blood, n’a plus rien réalisé d’autre apparemment, ce qui est plus que surprenant), le film bénéficie aussi de la patte de Mamoru Oshii (Avalon, Ghost in the shell 1 et 2) et de toute une équipe d’animateurs et d’illustrateurs. Et, si l’image est très travaillée, le son ne l’est pas moins, avec de très beaux effets lors des décollages ou des atterrissages d’avions militaires sur la base par exemple. Blood, the last vampire est donc une réussite, notamment technique, reconnue à l’époque par James Cameron, mais aussi due à l’intensité de ses scènes d’action et à leur efficacité. Il n’a d’ailleurs pas fallu longtemps pour que son univers se retrouve décliné en romans, manga et jeu vidéo, avant de connaître un remake live en 2009 sous la direction de Chris Nahon, que je n’ai pas vu, craignant le pire et préférant, une fois encore, l’original à la copie.

Bigbonn

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