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Arizona Colt. 1966.
Origine : Italie / France
Genre : Western
Réalisation : Michele Lupo
Avec : Giuliano Gemma, Fernando Sancho, Corinne Marchand, Nello Pazzafini...




Après qu'un groupe de hors la loi l'ait aidé à s'enfuire du pénitencier où il croupissait, un homme du nom de Arizona Colt se voit proposé une carrière dans le banditisme en entrant dans leurs rangs. N'acceptant ni ne refusant, il se verra poursuivre par ces bandits, avant de s'en défaire. Mais leur route est amené à se croiser de nouveau...



Premier western pour le réalisateur Michele Lupo, surtout connu pour ses peplums, mais essai concluant. Arizona Colt relève du western spaghetti à base de (anti-)héros transgressant volontiers la morale et la loi lorsque leurs propres intérêts l'exigent. Ceci dit, la particularité du personnage d'Arizona Colt provient de son aspect de jeune premier faux cul, avec un Giuliano Gemma au visage juvénile, très propre sur lui, affichant bien souvent un large sourire pour mieux faire s'écrouler les espoirs de tout ceux qui croyaient en lui, qu'ils soient bons ou méchants. C'est ainsi qu'il ridiculisera les bandits du début en "refléchissant à leur offre", ou encore qu'il se mettra à dos les villageois qu'il propose d'aider, moyennant 500 dollars ainsi... qu'une nuit avec la fille de l'un d'entre eux. Bien entendu, il n'en reste pas moins que le personnage, en dépit des crasses qu'il peut commettre, sera assimilé à un "gentil", compte tenu de la régulière opposition qu'il affiche face à l'espèce de horde sauvage qu'il croisera régulièrement. D'abord pour s'en libérer, puis pour défendre un village (et se taper l'une des villageoise, donc). Nous aurons ainsi droit à plusieurs confrontations directes, assez originales puisque bien souvent basées sur la personnalité d'Arizona Colt, très forte en ironie et en cynisme. Le contrecoup sera bien entendu qu'à force, toute la bande de "méchants" deviendra ridicule. L'un d'entre eux, un ivrogne, jouant double jeu, pourra également passer pour un sidekick de base, avec son agaçant cortège de lourdeurs. On pourra ceci dit largement passer outre ces défauts, puisque livrés à eux-mêmes, nos salauds retrouveront tout leur potentiel de sauvages un brin sadiques. Et les combats armés en eux-mêmes seront assez dynamiques, intervenant régulièrement et laissant en général pas mal de monde sur le carreau. Le summum restant la fin du film, superbe, qui utilise toute l'étendue du village et qui se termine en duel en un contre un dans une fabrique de cercueil plongée dans le noir, ce qui permet non seulement d'entretenir l'ironie mordante mais qui laisse aussi libre court au réalisateur pour pratiquer quelques jeux de mise en scène fort bien vus.

Sur son ensemble, le film est plutôt tonique, riche en aventures, et se dote en outre d'une photographie très réussie, magnifiant bien comme il faut l'aridité du désert, via des profondeurs de champ rendues encore plus attractives par l'emploi d'un format scope adéquat. Bref, du bon boulot que ce Arizona Colt.



Loïc Blavier

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