Necronomicon. 1993. Origine : Etats-Unis / France Genre : Horreur Réalisation : Brian Yuzna, Christophe Gans, Shusuke Kaneko Avec : Jeffrey Combs, Bruce Payne, Bess Meyer, Signy Coleman...
The Drawned. Réalisé par Christophe Gans.
Le segment de Christophe Gans témoigne du statut de débutant de l'ancien rédacteur en chef du magazine Starfix au poste de réalisateur. Il applique les recettes lovecraftiennes à la lettre, pour un résultat malheureusement plus que mitigé. Son histoire est construite comme une nouvelle de Lovecraft : un homme débarque dans une maison, où il apprend les horreurs indescriptibles qui s'y sont déroulées. Une histoire guère palpitante d'incantations pour réscuciter les morts à l'aide des Grands Anciens, qui s'achèvera par un retour à l'intrigue première, exacte réplique de ce qui s'est passé dans le flash back... Gans a beau s'appliquer au niveau visuel pour rendre une atmosphère poussièreuse gothique, son histoire de zombies revenant tourmenter ceux qui les ont rappelé de l'au-delà se révèle bien fade. Là où le réalisateur recherchait à créer un climat de malédiction inéluctable, on ne trouve que de molles séquences de monstres dans la pénombre. La fin cèdera à l'action, avec un gros monstre dont on se serait bien passé. Franchement moche, il ne rend franchement pas hommage à l'imagination de Lovecraft. Tout comme la conclusion de cet épisode, quelconque et attendue. Très oubliable, tout ça. Deuxième sketch : The Cold. Réalisé par Shusuke Kaneko.
Même chose pour l'épisode du japonais Shusuke Kaneko, qui lui aussi divise son segment en un long flash back qui trouvera une repercution dans le présent, ici sous forme d'un twist grillé dès le début. Une femme raconte à un journaliste la malédiction qui pèse sur elle et sur sa maison, un lieu où autrefois un funeste docteur pratiqua des expériences lui ayant révélé la recette de la vie éternelle... Rien à signaler là-dedans : comme le segment de Gans, celui de Kaneko est mou, et tente de se créer une identité visuelle gothique, tout en insistant sur l'aspect maudit... Tout ça se passe de façon convenue, et le temps limité de l'épisode force le scénario à des raccourcis un peu grossiers. C'est encore moins lovecraftien que l'épisode de Gans, dans le sens où ici il n'y a guère de monstres, pas d'intervention des Grands Anciens et que finalement, il ne s'agit que d'une histoire de savant fou se prenant un peu trop au sérieux. A part une belle séquence bien gore, il n'y a pas grand chose à sauver, et tout ça sera très vite oublié. Troisième sketch : Whispers. Réalisé par Brian Yuzna.
Reste donc l'épisode de Brian Yuzna. Plutôt différent des autres, il concerne deux policiers pris au piège dans un immeuble désaffecté où des créatures maléfiques semblent avoir élu domicile. Passons sur la première partie de cet épisode, qui n'est qu'un prétexte pour installer un climat d'étrangeté qui débouchera sur une seconde partie quasi surréaliste, louchant clairement sur le final de Re-Animator 2 du même Yuzna. Avec plein de créatures ne ressemblant ici à rien, et donc censées faire appel à Lovecraft. Comme trop souvent chez Yuzna, c'est le bordel, le réalisateur veut en faire trop, et on finit par ne comprendre plus rien à ce que l'on voit. Surtout que tout ceci se déroule dans une lumière saturée, rouge et bleue. C'est qu'en réalité l'un des deux flics (une femme) est tombé dans la fosse aux monstres, et qu'il y a des corps partout, des monstres partout, du sang partout (c'est très gore)... Le scénario donnera tout de même un sens à tout ça, minime, voire ridicule (la femme flic est enceinte, et les serviteurs des démons veulent reprendre son gosse). Le délire final n'en paraissant donc que plus gratuit. Enfin, reste tout de même qu'il s'agit sans doute de la meilleure scène du film dans son ensemble... Loïc Blavier |