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La Vengeance d'Ursus (Luigi Capuano)


Débat normand
(16/06/2009)

Au moment de rédiger les critiques de Aliens et Alien 3, une question s'est posée : quelle version aborder ? La courte ou la longue ? Laquelle des deux est la plus légitime, celle du studio sortie en salle ou celle du réalisateur ressortie quinze ans après ? Et d'abord, quelles sont les différences entre les deux versions ? Est-ce que deux critiques pour ce qui ne devrait être qu'un même film sont justifiées ?
Il faut bien l'admettre : la multiplication des versions nous emmerde. Car ce genre d'initiative est justifié à la fois par des considérations artistiques et commerciales. Difficile de faire le tri entre les fausses versions longues louchant sur le porte-monnaire du gogo et celles qui apportent réellement une plus-value à l'oeuvre originale. Surtout qu'il existe quantité de contexte à la ressortie d'une version longue : il y a d'abord l'excuse "Peter Jackson" -très à la mode - du réalisateur qui en accord avec son studio conçoit d'emblée deux versions : une pour l'exploitation en salle, l'autre pour le DVD. Il y a ensuite le très complexe cas Blade Runner,  film pour lequel circule six différentes versions, avec un réalisateur qui a peiné à se décider sur ce qu'il considère comme son vrai "director's cut" (le "director's cut" initial est sorti en 1992... et en 2007, Scott consacre le tout frais "final cut" comme étant la version définitive). Jason va en enfer est  pour sa part un autre exemple de contexte, un peu plus simple : remettre les scènes sucrées par la censure. Enfin, il y a aussi la jurisprudence du coffret Alien, où les réalisateurs furent invités par le studio à rajouter ce qu'ils souhaitaient. Une invitation déclinée par David Fincher, décidément toujours en rogne au sujet des ingérences sur le plateau et dans la salle de montage d'Alien 3. Dans son cas, les rajouts furent faits sans l'aide du réalisateur...
Bref, c'est le bordel.
Et à ce titre, plutôt que de se triturer les méninges à faire le distinguo entre une évolution artistique ou un simple opportunisme commercial (rappelons l'ironie toute pythonienne sur le DVD de Sacré Graal : "la plus courte director's cut de l'histoire du cinéma : 24 secondes de plus !"), il est encore plus simple de considérer la première version comme étant la plus juste. Car cette version sortie en salle est celle qui reflète le mieux l'idustrie du cinéma, faite de conflits entre artistes et cadres. C'est également celle qui devrait servir de référant à tout le monde, et c'est enfin celle qui sert de base à chaque sortie DVD (car les versions longues sortent généralement sur un autre DVD, ou sont casées dans des coffrets "collectors"). Bref, si ce n'est pas forcément la meilleure d'un point de vue artistique, c'est celle qui est la plus démocratique... du moins quand on essaie pas de la faire passer aux oubliettes, cf. George Lucas. Et puis il faut bien dire que quand un film sort dans une version différente vingt ans après, après avoir été déjà vendu sous sa forme initiale en VHS et DVD, un sale goût s'impose : celui de se faire avoir. Même si ladite version longue est effectivement pertinente.
Loïc Blavier,
loicblavier@gmail.com

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